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BIBLIOTHÈQUE · MYTHOS

MYTHOS — Les origines du sacré

Tome XLI — Chapitre 474 : Philosophie du temps sacré : répétition, histoire et devenir

Platon, Timée 37d-39e, présente le temps en relation avec le mouvement céleste et l'éternité. Aristote, Physique IV, 10-14, définit le temps dans son rapport au mouvement et au nombre. Ces doctrines ne décrivent pas directement les calendriers des cités grecques. Elles doivent être distinguées des fêtes périodiques et des mythes de fondation.

Mircea Eliade, Le Mythe de l'éternel retour (1949), a proposé une interprétation puissante de la répétition rituelle des archétypes. Son modèle est critiqué lorsqu'il efface les ruptures historiques et les différences entre sociétés. Nietzsche développe dans Le Gai Savoir §341 l'expérience de pensée de l'éternel retour : elle ne saurait être assimilée à la périodicité du calendrier athénien. Hegel conçoit l'histoire dans un cadre philosophique orienté, qui ne doit pas servir de grille évolutionniste pour classer les religions. Durkheim invite à étudier les calendriers comme instruments de la vie collective.

La comparaison distingue trois temporalités : astronomique (cycles observables), institutionnelle (fêtes et dates) et narrative (récits d'origine et d'achèvement). Elles peuvent se recouper sans être identiques.

Sources primaires : Platon, Timée 37d-39e; Aristote, Physique IV, 10-14; Nietzsche, Le Gai Savoir §341.

Bibliographie : Mircea Eliade, Le Mythe de l'éternel retour (1949); Émile Durkheim, Les Formes élémentaires de la vie religieuse (1912); Robert Hannah, Greek and Roman Calendars (2005); Reinhart Koselleck, Futures Past (English 1985).

Conclusion : le sacré n'impose pas une conception universelle du temps; il se manifeste dans des agencements historiquement situés.