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TOME XIX — MAGIE, THÉURGIE, DÉMONS ET PUISSANCES INVISIBLES

Édition de recherche du 31 octobre 2026 · Chapitres 693 à 732 · Non publiée sur WordPress.

Méthode. Décrire précisément les témoignages et les usages attestés ; distinguer paroles rituelles et efficacité surnaturelle, croyance ancienne et explication moderne, texte littéraire et objet archéologique. Les liens [R#] renvoient à la bibliographie vérifiable en fin de volume.

PARTIE I — CONCEPTS ET MAGIE MÉSOPOTAMIENNE

693. La magie est-elle une religion différente ?

L'étude de la magie antique commence par une difficulté : aucune définition universelle ne sépare avec certitude toutes les pratiques magiques des pratiques religieuses. Un prêtre égyptien pouvait réciter une formule protectrice dans un temple ; un spécialiste babylonien appelait les dieux à neutraliser la sorcellerie ; un Grec déposait une tablette de contrainte dans un lieu fréquenté par les puissances souterraines. Les formes, les milieux et les buts ne sont pas identiques, mais les frontières institutionnelles sont perméables.

Quatre dimensions peuvent être distinguées : la demande adressée à une divinité, l'emploi de paroles censées produire un effet, l'investissement d'un objet d'une fonction protectrice et la tentative de modifier une situation en mobilisant des puissances invisibles. La définition sociale dépendait aussi de la légitimité de l'officiant. Traiter toutes ces actions de « magie noire » ou les expliquer comme une survivance d'une religion primitive fausserait les sources. Les termes indigènes, la fonction du rite, ses acteurs et le jugement du groupe doivent être analysés séparément. [R1] [R2]

694. Maqlû : le feu contre les accusations de sorcellerie

La série akkadienne Maqlû (« combustion ») constitue une source majeure pour l'histoire des rites de protection en Babylonie et en Assyrie. Sa forme canonique rassemble huit tablettes d'incantations et une tablette de directives rituelles, soit près d'une centaine de formules. L'exécution se déploie sur une nuit et se prolonge au matin ; des représentations de personnes accusées de sorcellerie sont détruites dans une action symbolique organisée.

Une telle cérémonie ne prouve pas qu'une attaque surnaturelle existait réellement. Elle montre que la personne affligée et l'officiant interprétaient un malheur dans un système de relations entre humains et puissances divines. Le feu donne à l'accusation une forme visible et à la guérison attendue une progression matérielle. Il faut aussi distinguer la date des manuscrits, souvent néo-assyriens, de celle des traditions antérieures qui ont servi à composer la série. L'étude philologique reconstitue plusieurs étapes de cette transmission. [R3] [R4] [R5]

695. Āšipu et asû : exorcisme et médecine sans frontière simple

Les textes mésopotamiens attestent des praticiens spécialisés, notamment l'āšipu, expert des incantations et rites de purification, et l'asû, associé aux préparations thérapeutiques et aux soins du corps. L'opposition entre « prêtre » et « médecin » doit toutefois être nuancée : leurs compétences se chevauchent, leurs manuscrits circulent, et les mêmes patients pouvaient bénéficier de plusieurs approches. Les titres et les rapports aux temples varient fortement selon les siècles.

Dans la pensée mésopotamienne, une maladie pouvait être considérée à la fois comme un état corporel observable et comme l'effet d'une relation désaccordée avec les puissances invisibles. L'historien ne doit ni réduire ces soignants à des guérisseurs irrationnels, ni projeter sur eux les catégories biomédicales contemporaines. Le véritable objet de l'enquête est l'articulation entre diagnostic, remèdes, incantations, normes rituelles et savoirs écrits. [R6] [R7]

696. Šurpu : reconnaître une transgression sans connaître sa faute

La série appelée Šurpu traite notamment des troubles qu'une transgression, une imprécation ou un serment violé étaient censés provoquer. Son intérêt n'est pas seulement l'usage de substances et de gestes purificateurs ; il réside dans l'énumération des fautes possibles, parfois inconnues du patient. La purification cherche alors à rompre les effets d'une faute dont la cause précise échappe à celui qui souffre.

Ces textes permettent de rapprocher, prudemment, la maladie, l'angoisse et la culpabilité. Le rituel propose une procédure pour agir lorsque l'explication manque : nommer plusieurs possibilités, reconnaître la vulnérabilité et restaurer une relation supposée troublée. Mais il serait anachronique de le lire comme une confession chrétienne avant l'heure. Les différentes traditions ont leurs mots, leurs dieux et leurs conceptions de la responsabilité. [R1] [R8]

697. Udug-hul : les êtres dangereux et la protection de l'officiant

Les incantations suméro-akkadiennes dites Udug-hul ou Utukkū lemnūtu appartiennent aux grands corpus destinés à écarter des présences jugées nuisibles. Le mot rendu par « démon » n'est qu'une traduction approximative : les catégories anciennes ne recoupent pas exactement le démon malfaisant de certaines théologies postérieures. Elles peuvent désigner des présences dangereuses, des manifestations de désordre ou des agents que l'on souhaite éloigner.

Les manuscrits sont également révélateurs de la situation du spécialiste. Certaines formules ont une dimension autoréférentielle : l'āšipu se protège lui-même avant de prendre en charge autrui. Cette précaution souligne que le rite n'était pas seulement un texte récité à un patient, mais une performance dans laquelle l'officiant se mettait en scène comme intermédiaire exposé à un danger. L'histoire des démons doit donc être aussi celle des acteurs sociaux censés les combattre. [R9] [R6]

698. Lamashtu et Pazuzu : une protection qui emprunte les traits de la peur

Lamashtu est une figure particulièrement redoutée dans les traditions mésopotamiennes : plusieurs amulettes et textes la lient à des menaces visant la maternité et la petite enfance. Pazuzu, dont l'iconographie présente un être composite, pouvait à son tour être mobilisé comme protecteur contre certaines attaques, notamment celles imputées à Lamashtu. Les fonctions de ces figures ne se résument pas à une opposition de « bien » et de « mal ».

L'ambivalence constitue le point central. Une forme effrayante peut protéger précisément parce qu'elle est censée pouvoir affronter une autre menace. L'objet à figure démonique n'est donc pas nécessairement un objet d'adoration, ni le signe que son porteur revendique une alliance avec le mal. Il faut étudier la position de l'amulette sur le corps, la scène figurée, la période et les textes associés avant d'en tirer une interprétation théologique. [R1] [R10]

699. Namburbi : empêcher un présage de s'accomplir

Les rituels namburbi constituent une réponse organisée à certains présages considérés comme menaçants. L'objectif n'était pas toujours de prédire passivement un futur inévitable ; il pouvait être d'agir sur la situation ouverte par le présage. Ce dossier complète celui du tome IX sur la divination : un événement interprété comme indice d'un malheur sollicitait parfois une procédure de neutralisation.

Ainsi la temporalité rituelle n'est pas celle d'une simple fatalité. Entre le signe et son issue supposée existe un intervalle au cours duquel l'intervention est possible. L'efficacité réelle de ces interventions n'est pas démontrable à partir des inscriptions ; leur rôle historique dans l'organisation de l'incertitude, en revanche, peut être étudié. Elles rappellent que la prédiction dans les cultures antiques n'équivalait pas toujours au déterminisme absolu. [R1] [R6]

700. Les figurines enterrées : agir sur un substitut

Les découvertes de figurines, de dépôts et de tablettes invitent à étudier le principe de substitution. Une représentation pouvait tenir lieu d'adversaire, de menace ou de patient. Sa manipulation était réputée produire ou annuler un effet dans le monde des personnes réelles. Le mécanisme n'est pas partout le même : une figurine apotropaïque peut protéger, une figurine hostile attaquer, une effigie de substitution attirer sur elle un danger.

L'archéologie a ici un avantage et une limite. Elle conserve l'argile, les métaux ou les traces de dépôt, mais elle n'identifie pas toujours les paroles dites au cours du geste. Décrire une figurine comme « magique » uniquement parce qu'elle paraît inhabituelle revient parfois à donner une fonction au lieu de la démontrer. Il faut rechercher les associations matérielles et documentaires, et conserver la catégorie « fonction indéterminée » lorsque les preuves restent insuffisantes. [R1] [R2]

701. La magie mésopotamienne est-elle une technique de la peur ?

À l'échelle de plusieurs siècles, les pratiques mésopotamiennes montrent une tension entre l'inquiétude et le contrôle. La maladie, les ruptures familiales, les présages et les accusations de sorcellerie pouvaient provoquer une angoisse diffuse. Les rituels la transformaient en actions ordonnées, socialement reconnues et mémorisables : purification, récitation, gestes, dépôts et remerciement aux puissances invoquées.

Il serait réducteur de conclure que la seule fonction des rites était psychologique. Ils appartenaient aussi à des systèmes professionnels, économiques et théologiques. Mais le fait qu'ils encadrent une expérience de vulnérabilité constitue une hypothèse comparative utile. En termes contemporains, le rite peut rendre une situation plus intelligible sans que l'historien confirme l'existence des causes surnaturelles invoquées. Cette différence entre expérience, croyance et preuve est essentielle. [R2] [R6]

PARTIE II — HEKA, PROTECTION ET OBJETS EN ÉGYPTE

702. Heka : une puissance constitutive de l'ordre égyptien

Le terme égyptien ḥkꜣ, habituellement transcrit heka, ne se réduit pas au spectacle d'une intervention exceptionnelle ou à une catégorie marginale d'occultisme. Il renvoie à une puissance opératoire présente dans des traditions religieuses variées, susceptible d'être mobilisée par les dieux et par les hommes dans des contextes de protection, de soin et de transformation. Heka peut aussi être personnifié comme divinité.

La pensée égyptienne n'organisait pas le monde en domaines étanches que nous appellerions « médecine », « magie » et « religion ». La protection d'un enfant, le maintien de l'intégrité du corps, le voyage du défunt ou la célébration du temple pouvaient mobiliser des formulations proches. Traduire heka uniquement par « superstition » introduirait une hiérarchie de valeurs étrangère au matériau ancien. Il faut cependant se garder de prétendre que tous les Égyptiens concevaient son fonctionnement d'une manière identique au fil des millénaires. [R11] [R12]

703. Les ivoires apotropaïques : protéger la mère et l'enfant

Au Moyen Empire, des objets courbes en ivoire d'hippopotame portent des figures protectrices : animaux puissants, divinités composites, couteaux et symboles de défense. Le musée du Louvre et le Metropolitan Museum conservent plusieurs exemplaires. Leur iconographie et leurs formules invitent à les rapprocher de la protection des moments vulnérables de l'existence, notamment autour de la naissance et de l'enfance.

L'objet ne livre pas à lui seul le scénario exact d'une cérémonie. Il peut avoir été tenu, placé près d'un lit, ou déposé ultérieurement dans une tombe selon des contextes différents. Sa matière même participe au sens : la défense de l'hippopotame renvoie à un animal impressionnant dont la force est transformée en capacité protectrice. Un objet ordinaire par sa taille peut ainsi posséder une fonction religieuse majeure dans l'espace domestique. [R12] [R13]

704. Bès et Taouret : les puissances de la maison

Bès et Taouret appartiennent aux figures protectrices les plus reconnaissables de l'Égypte ancienne. Leur présence sur les objets domestiques, dans l'iconographie de la maternité et sur certains supports rituels invite à prendre au sérieux les religions pratiquées hors des grands temples. La maison et les événements de la vie familiale pouvaient être investis d'une forte dimension sacrée.

L'iconographie de Bès présente souvent une face directement tournée vers l'observateur, tandis que Taouret possède une silhouette combinant des traits d'hippopotame et d'autres animaux. Leur aspect extraordinaire n'est pas la preuve d'une origine « démoniaque » au sens chrétien. Leur fonction doit être appréciée à partir des usages égyptiens. L'histoire du religieux quotidien est plus vaste que celle des monuments commandés par les pharaons. [R11] [R12]

705. Les cippes d'Horus : raconter une guérison pour la demander

Les cippes d'Horus montrent le jeune dieu dominant des animaux dangereux, souvent scorpions et serpents. Des inscriptions et récits mythologiques évoquent des menaces surmontées par la protection divine. Ces objets furent utilisés notamment à l'époque tardive et dans des contextes postérieurs, mais leurs motifs puisent dans une longue tradition égyptienne.

Le lien entre image, récit et efficacité recherchée est central : rappeler qu'Horus a été protégé dans une épreuve exemplaire permettait d'espérer une protection analogue. Ce n'est pas la démonstration scientifique d'une guérison, mais l'analyse d'un mécanisme rituel fondé sur la répétition de l'histoire divine. La présence d'un objet semblable hors d'Égypte invite également à étudier les circulations méditerranéennes et proche-orientales des images protectrices. [R14] [R11]

706. Le nom secret et la parole efficace

Plusieurs récits égyptiens présentent la connaissance du nom d'une puissance divine comme une forme de capacité d'action. Le nom n'est pas seulement une étiquette arbitraire : il peut être conçu comme une dimension constitutive de l'identité. L'association entre paroles, noms, signes écrits et transformations se retrouve dans les textes funéraires et les rituels de protection.

Il faut éviter l'idée simpliste selon laquelle les Égyptiens attribuaient partout à chaque mot un effet automatique. Les formules sont inscrites dans des récits, des prescriptions et des cadres sociaux particuliers. Dans une société où l'écriture joue un rôle religieux important, le nom permet aussi de conserver une mémoire, de maintenir une présence et de transmettre un droit à être invoqué. La magie du nom est donc liée à l'histoire de la personne et des représentations du défunt. [R11] [R15]

707. Les livres funéraires : transformer le mort en être efficace

Les Textes des Pyramides, les Textes des Sarcophages et les compositions réunies sous le titre moderne de Livre des Morts contiennent de nombreuses paroles destinées à assurer la sécurité et les possibilités d'action du défunt. Leur objectif ne peut être réduit à un voyage touristique dans un au-delà imaginaire. Elles contribuent à fabriquer une condition posthume conforme aux aspirations religieuses de l'époque.

Le terme d'akh permet de penser une existence transformée et efficace. La récitation, la représentation et l'inscription des formules participaient à un ensemble rituel plus vaste. Ces textes ne constituent pas une seule doctrine fixe transmise sans variation pendant trois mille ans. Les traditions se recomposent, les bénéficiaires s'élargissent et les supports changent. Il convient de les comparer historiquement, non d'en faire un manuel unique de techniques surnaturelles. [R11] [R15]

708. La médecine égyptienne et les paroles protectrices

Les manuscrits médicaux égyptiens associent fréquemment diagnostic, préparations matérielles et paroles rituelles. La coexistence de ces éléments n'implique pas que les praticiens étaient incapables d'observer les symptômes. Elle atteste plutôt une pluralité de méthodes au sein d'un horizon religieux qui ne séparait pas toutes les causes naturelles et divines.

L'étude doit être menée cas par cas. Certaines prescriptions relèvent de l'expérience corporelle, certaines de conventions rituelles, certaines mêlent plusieurs registres. Il serait tout aussi inexact de les présenter comme une pharmacologie déjà moderne que de les rejeter intégralement comme de simples incantations. La question intéressante est celle de la combinaison des savoirs, de l'apprentissage scribal et du statut social de ceux qui étaient autorisés à soigner. [R11] [R16]

709. L'amulette : un petit objet qui transporte une cosmologie

Les amulettes égyptiennes figurent notamment le scarabée, l'œil oudjat, le pilier djed, le nœud tyet ou diverses divinités. Leur efficacité supposée pouvait dépendre de la forme, de la matière, de la couleur, de l'inscription et des paroles prononcées. Elles étaient portées par des vivants et déposées auprès des morts dans des configurations différentes.

Il serait donc abusif de décrire tous les bijoux anciens comme des amulettes ou toutes les amulettes comme des symboles religieux de signification unique. Une pièce peut servir à protéger, marquer le statut, décorer, commémorer ou combiner plusieurs fonctions. Le contexte archéologique compte davantage que la simple ressemblance visuelle. Cette précaution sera essentielle pour comparer plus loin les gemmes gréco-romaines et les dispositifs de protection de l'Antiquité tardive. [R12] [R13]

PARTIE III — PRATIQUES GRECQUES ET RAPPORT À L’INVISIBLE

710. La magie grecque : une catégorie construite dans la controverse

En grec ancien, les termes mageía, goēteía, pharmakeía et d'autres mots ne forment pas un système neutre de classification. Leur sens et leur charge polémique varient selon les auteurs. Accuser quelqu'un de goēteía pouvait participer à une critique de pratiques jugées suspectes, mais cela ne permet pas de ranger toutes les prières privées sous une même rubrique.

La recherche récente préfère souvent partir des gestes et des contextes : amulettes, incantations, dépôts, tablettes et consultations. L'histoire du concept de « magie » fait ainsi partie de l'histoire des accusations, des hiérarchies et des définitions du religieux légitime. Il faut reconnaître la diversité des sociétés grecques : une pratique condamnée dans un contexte pouvait être tolérée ou recherchée dans un autre. [R1] [R17]

711. Hécate : les seuils, les carrefours et les morts

Hécate apparaît déjà dans la Théogonie d'Hésiode comme une déesse bénéficiant d'honneurs particuliers. Ses fonctions se développent au fil du temps et incluent des associations avec les passages, les carrefours, les espaces liminaires et certaines puissances nocturnes. L'image d'une déesse triple se rencontre dans des œuvres postérieures et n'autorise pas à projeter rétroactivement toute la théologie tardive sur l'époque archaïque.

La statuette hellénistique en bois conservée au Metropolitan Museum témoigne de la circulation des représentations d'Hécate en Égypte ptolémaïque. Le dossier demande une lecture diachronique : la fonction d'une figure divine n'est ni stable ni universelle. L'étude des rites associés à Hécate doit également tenir compte de la différence entre pratiques domestiques, poésie et littérature rituelle tardive. [R18] [R1]

712. Les katadesmoi : lier un adversaire par l'écriture

Les tablettes dites katadesmoi ou defixiones consistent fréquemment en feuilles de plomb portant des inscriptions de contrainte. Elles peuvent viser des rivaux dans des procès, des compétitions, des affaires commerciales ou des conflits affectifs. Les textes ont été déposés dans des tombes, des puits et d'autres lieux, mais la diversité des contextes interdit de reconstituer un rite universel.

Ce matériel renouvelle l'histoire sociale parce qu'il donne parfois accès à des tensions qui apparaissent rarement dans les grands récits politiques : litiges, jalousies, concurrence professionnelle, peur d'un adversaire. Il révèle aussi la circulation d'une technique d'écriture destinée à produire un effet attendu. Le fait qu'une tablette ait été déposée prouve la pratique, non la réalisation de la contrainte demandée. Les études récentes insistent sur la variabilité géographique et chronologique de ces documents. [R17] [R19] [R20]

713. Les malédictions judiciaires : quand la parole devient enjeu

Certaines tablettes visaient des adversaires dans une procédure judiciaire : le souhait pouvait être de réduire leur capacité à parler, à convaincre ou à mener une défense. Dans une cité où la performance oratoire occupe une place essentielle, chercher à diminuer symboliquement la parole adverse revient à agir sur la condition même de l'affrontement politique.

Ces inscriptions ne démontrent pas que leurs auteurs étaient exclus de l'institution judiciaire. Elles montrent au contraire qu'ils pouvaient mobiliser simultanément les ressources du procès et celles de pratiques rituelles privées. L'historien doit résister à la tentation de traiter la magie comme le refuge exclusif des groupes dominés : des personnes appartenant à des milieux sociaux variés ont pu recourir aux tablettes, selon les situations. [R17] [R19]

714. L'amour et la contrainte : une critique des rituels de domination

Les papyrus et tablettes du monde gréco-romain contiennent des demandes liées au désir, à la rivalité et à la séparation des couples. Une partie de ces textes cherche explicitement à contraindre la volonté d'une personne. Les lire comme de simples poèmes romantiques serait trompeur : ils expriment parfois un rapport de domination et d'appropriation.

L'étude critique doit distinguer ce que le texte demande, la position sociale des personnes concernées et l'issue réelle, généralement inconnue. Une formule de contrôle affectif n'est pas une preuve de consentement ni l'indice qu'elle produisait son effet surnaturel. Le dossier utilise ces sources pour étudier l'histoire des relations de pouvoir, du genre et des affects, sans proposer des recettes pratiques ni réhabiliter la violence qu'elles expriment. [R17] [R21]

715. La nécromancie : consulter les morts dans l'imaginaire grec

Le chant XI de l'Odyssée raconte comment Ulysse reçoit des instructions et rencontre les figures des morts. La scène appartient à la poésie épique : elle n'est pas un manuel décrivant exactement un rituel historique. D'autres traditions évoquent des oracles des morts, mais leurs institutions et leur localisation demandent une évaluation distincte des récits littéraires.

Cette différence entre textes et pratiques documentées est capitale. Les morts peuvent être des personnages poétiques, des ancêtres commémorés, des destinataires d'offrandes ou des interlocuteurs supposés de consultations. La tentation de voir partout une tradition unique de nécromancie efface ces distinctions. MYTHOS confronte les sources sans les fusionner en une « religion des morts » homogène. [R1] [R21]

716. Circé et Médée : portraits littéraires de la puissance féminine

Circé et Médée sont souvent rapprochées de la magie, mais leurs représentations appartiennent à des œuvres et des époques différentes. Chez Homère, Circé transforme les compagnons d'Ulysse et connaît des ressources particulières. Chez Euripide, la puissance de Médée est inséparable d'une intrigue tragique concernant la parenté, l'exil et la vengeance.

Le risque serait d'utiliser ces personnages comme des photographies de la vie des praticiennes anciennes. La littérature condense les craintes, les fantasmes et les conflits de son temps. Elle n'indique pas directement la fréquence de telle ou telle pratique dans une cité. En revanche, elle permet de comprendre comment un pouvoir féminin extraordinaire peut être représenté comme à la fois efficace, étranger et menaçant dans certaines œuvres. [R1] [R21]

717. Le sanctuaire et la magie privée : des frontières mouvantes

Les sociétés grecques possédaient des sanctuaires publics, des cultes domestiques, des initiatives individuelles et des cérémonies d'association. Une invocation prononcée seul ne devient pas nécessairement « magique » par opposition à une prière collective. De même, la consultation d'un oracle reconnu peut recourir à des gestes spéciaux sans être classée comme illégitime.

Le statut du spécialiste, l'acceptation locale, la finalité et les accusations extérieures sont donc décisifs. La question « est-ce de la magie ? » doit souvent être reformulée : qui a décrit la pratique, avec quel vocabulaire, et dans quel conflit d'autorité ? La séparation nette entre religion publique rationnelle et magie privée irrationnelle relève davantage de certains schémas modernes que de la diversité des preuves anciennes. [R1] [R2] [R17]

PARTIE IV — PAPYRUS ET PRATIQUES MAGIQUES SOUS ROME

718. Les papyrus magiques gréco-égyptiens : une bibliothèque composite

Les manuscrits conventionnellement regroupés sous le sigle PGM (Papyri Graecae Magicae) ont été copiés surtout en Égypte gréco-romaine. Ils contiennent hymnes, invocations, procédures divinatoires, demandes de protection et textes relatifs aux relations humaines. Le corpus connu s'étend sur plusieurs siècles et ne constitue ni un livre unique ni une tradition doctrinale homogène.

Les langues, les noms divins et les traditions rituelles sont mêlés : grec, démotique et parfois d'autres écritures, références égyptiennes, grecques et sémitiques. Une étude d'époque romaine ne peut être transférée sans précaution à l'Égypte pharaonique ou à la Grèce de Périclès. Les recueils montrent surtout l'activité de scribes et de praticiens lettrés dans un monde caractérisé par la circulation des textes et des identités religieuses. [R21] [R22] [R23]

719. Noms incompréhensibles et syllabes sacrées

Certains manuscrits gréco-égyptiens emploient de longues suites de syllabes ou de noms, parfois qualifiées de voces magicae. L'opacité du langage peut être partie prenante de son prestige : les sons et les noms sont censés atteindre une puissance qui ne se réduit pas au sens ordinaire des mots. Cette opacité complique toutefois le travail du philologue, car une partie des formes peut résulter de translittérations ou de transmissions altérées.

Le fait qu'un texte utilise un nom étranger ne prouve pas que l'auteur connaissait intimement la religion à laquelle ce nom était emprunté. La circulation de noms divins et de formulaires peut relever du prestige savant, de l'imitation, de la recomposition ou d'une véritable compétence rituelle. Une enquête rigoureuse commence par la datation et la langue du manuscrit plutôt que par une interprétation universaliste du caractère mystérieux des sons. [R21] [R22] [R24]

720. La stèle de Ieu : un pratiquant qui parle à la première personne du dieu

Un texte gréco-égyptien généralement appelé « Stèle de Ieu » appartient au groupe PGM V. Il met en scène une invocation conduisant le praticien à prendre un discours en première personne associé à la puissance invoquée. Une étude publiée en 2026 a mis en lumière ce déplacement de l'identité rituelle, du suppliant vers celui qui parle avec une autorité divine.

Cette prise de parole ne démontre pas qu'une possession surnaturelle s'est produite. Elle permet d'étudier ce qu'un manuscrit prescrivait ou imaginait comme transformation de l'officiant. L'enquête doit distinguer la forme littéraire de la performance réellement accomplie. En outre, la composition du manuscrit au IVe siècle de notre ère n'établit pas l'ancienneté exacte de chaque formule qu'il contient. [R24] [R21]

721. Les gemmes magiques : un monde religieux à l'échelle d'une pierre

Dans le monde romain, des gemmes gravées associent figures divines, serpents, signes astraux et inscriptions. Certains objets réunissent plusieurs traditions dans une composition unique. Les collections du Getty permettent de documenter précisément la matière, les dimensions et les motifs d'exemplaires datés des IIe et IIIe siècles de notre ère.

L'iconographie composite ne prouve ni une religion secrète unique ni l'unité de toutes les divinités. Elle témoigne plutôt de choix de protection, d'esthétique et de pouvoir associés à certains noms. De plus, une gemme peut circuler, être réutilisée ou recevoir une inscription postérieure. La prudence contextuelle s'impose, car de nombreux objets de collection manquent de provenance archéologique sûre. Les comparer aux amulettes égyptiennes éclaire des continuités formelles possibles, sans garantir une filiation simple. [R25] [R26]

722. Sulis Minerva à Bath : la vengeance d'objets volés

Les tablettes retrouvées à Bath, en Bretagne romaine, sont particulièrement éclairantes. Le sanctuaire de Sulis Minerva a livré environ cent trente textes de personnes qui demandaient réparation ou vengeance après une perte, souvent un vol d'objets personnels. Les inscriptions sur des feuilles de plomb ou d'étain furent déposées dans la source sacrée.

Le dossier rend la magie plus concrète que les récits sur les sorcières : une communauté s'adresse à une déesse au sujet d'une tunique, de bijoux ou d'autres biens. L'interprétation relève à la fois du recours religieux et du conflit social. Le déposant ne cherchait pas toujours à obtenir une faveur injustifiée : il pouvait se percevoir comme une victime sollicitant une justice surnaturelle. Cela ne prouve évidemment pas que la déesse intervenait effectivement. [R27]

723. Apulée : être accusé de magie sous l'Empire romain

Dans son Apologie, Apulée répond à des accusations de pratiques magiques formulées dans un contexte de rivalités familiales et patrimoniales. Son plaidoyer est une source exceptionnelle sur les frontières entre savoir philosophique, curiosité naturaliste, pratiques suspectes et représentation publique d'un intellectuel au IIe siècle de notre ère.

Il faut lire cette œuvre comme un discours judiciaire construit pour convaincre, non comme un journal impartial sur l'ensemble des faits. Elle montre néanmoins qu'accuser quelqu'un de magie pouvait servir d'arme sociale et juridique. L'enjeu dépasse la question de l'efficacité surnaturelle : qui possède le droit d'interpréter les objets, les connaissances et les actes d'un autre individu ? La magie est aussi une catégorie d'incrimination. [R1] [R21]

PARTIE V — LE TOURNANT PHILOSOPHIQUE DE LA THÉURGIE

724. Des Oracles chaldaïques à la théurgie

Les Oracles chaldaïques, issus du monde impérial romain du IIe siècle de notre ère selon la reconstruction généralement admise, ne constituent pas une collection de textes de la Babylonie antique. Leur titre et leur langage cosmologique ont favorisé une autorité orientale, mais leur formation relève de la philosophie religieuse de l'Antiquité impériale. Ils furent particulièrement importants pour le néoplatonisme tardif.

La théurgie, littéralement « action divine » ou « œuvre des dieux », s'inscrit dans un débat sur la possibilité de rapprocher l'âme humaine des principes divins. Il faut distinguer ces pratiques philosophiques tardives des incantations mésopotamiennes : les ressemblances de vocabulaire ou d'images ne constituent pas des preuves de continuité institutionnelle. Les médiations grecques et les transformations conceptuelles sont essentielles. [R28] [R29]

725. Porphyre : la philosophie suffit-elle à rejoindre le divin ?

Porphyre de Tyr, disciple et éditeur des œuvres de Plotin, s'interroge sur le statut des rites et des puissances intermédiaires. Il ne se réduit pas à un partisan de l'athéisme ni à un adversaire absolu de toutes les pratiques rituelles. Dans son approche, la purification philosophique et le mouvement intellectuel de l'âme occupent une place décisive.

Les objections adressées à des traditions théurgiques concernent notamment la possibilité de contraindre des êtres supérieurs par des mots ou des gestes. Si les dieux sont véritablement au-dessus des passions et des nécessités humaines, pourquoi obéiraient-ils à des injonctions ? La question est métaphysique autant que religieuse : le rite agit-il sur les dieux, sur l'âme, ou dans une nature intermédiaire ? C'est cette interrogation que Jamblique reformulera. [R28] [R30]

726. Jamblique : les rites ne commandent pas les dieux

Jamblique, philosophe néoplatonicien des IIIe–IVe siècles, défend la théurgie notamment dans sa réponse à Porphyre, connue sous le titre traditionnel De mysteriis. Son argument ne consiste pas simplement à déclarer les formules plus puissantes que la raison. Il affirme que l'élévation de l'âme engage un ordre du réel et des opérations divines que l'intelligence humaine ne maîtrise pas intégralement.

Dans cette perspective, un rite authentiquement théurgique n'oblige pas le dieu à obéir à la volonté de l'officiant. Il est censé permettre à l'âme de recevoir une action divine supérieure. Cette doctrine introduit une séparation conceptuelle entre contrainte magique et union théurgique, même si les pratiques et les terminologies peuvent se chevaucher dans la documentation. Jamblique élabore ainsi une position philosophique construite, non une simple célébration de l'irrationnel. [R28] [R30]

727. La question des symboles : comment une matière renvoie-t-elle au divin ?

Dans le néoplatonisme tardif, certains symboles et objets peuvent être envisagés comme participant à des relations cosmologiques qui les dépassent. Leur valeur ne vient pas nécessairement d'un effet physique mesurable ; elle est pensée dans un système de correspondances entre les niveaux de réalité et les puissances divines. Une plante, un nom ou une image peuvent ainsi prendre place dans une théorie de l'analogie et de la participation.

Il est crucial de ne pas rabattre cette conception sur la physique moderne ou sur une prétendue énergie universelle démontrable. Il s'agit d'une métaphysique historique, liée à une conception hiérarchisée du cosmos. L'interprétation de la théurgie demande de lire les arguments des auteurs et les discussions internes au platonisme plutôt que de lui prêter des confirmations scientifiques contemporaines. [R28] [R31]

728. Proclus : l'ascension de l'âme et la pratique hiératique

Proclus, au Ve siècle de notre ère, appartient à une tradition platonicienne qui intègre de manière systématique la théologie des dieux et les pratiques hiératiques. Les études contemporaines distinguent notamment sa compréhension du rapport entre les principes intelligibles, les degrés de réalité et la participation de l'âme au divin.

L'enjeu n'est plus seulement de neutraliser un danger ou d'obtenir une faveur ponctuelle. Il concerne le devenir de l'âme et sa capacité à rejoindre les principes dont elle dépend. Parler d'une « religion philosophique » peut être éclairant, à condition de ne pas effacer l'histoire concrète des sanctuaires, des cultes et de leurs transformations tardives. Proclus n'est pas le représentant intemporel de toute magie ancienne : il appartient à une école et à une époque déterminées. [R31]

729. Démons et daimones : les pièges de la traduction

Le grec daimōn n'est pas exactement le « démon » maléfique des catégories chrétiennes ordinaires. Dans les traditions philosophiques et religieuses, les daimones peuvent constituer des puissances intermédiaires, parfois tutélaires, dont la valeur morale dépend des textes et des contextes. Leur statut varie de Platon aux auteurs de l'Antiquité tardive.

Le même problème existe en Mésopotamie et en Égypte : traduire plusieurs êtres différents par un seul mot moderne produit une fausse unité. Il faut comparer les fonctions — protection, agression, médiation, intervention dans le sommeil — plutôt que prétendre retrouver un peuple universel de « démons ». Le comparatisme n'est fécond que lorsque les différences de langue et de statut religieux restent visibles. [R28] [R29] [R1]

PARTIE VI — HISTORIOGRAPHIE ET CONCLUSION

730. Marcel Mauss, Frazer et la critique des grandes oppositions

Les premiers grands comparatistes ont cherché à caractériser la magie par la contrainte, la sympathie, la contagion ou le caractère privé des pratiques. Ces outils peuvent aider à poser des questions, mais deviennent problématiques lorsqu'ils sont appliqués comme des lois universelles à des sociétés séparées par des millénaires. Une comparaison savante commence par le texte et l'objet, puis confronte les catégories analytiques.

Chez Mauss et Hubert, la magie est étudiée comme fait social ; dans l'héritage de Frazer, les analogies ont parfois été intégrées à une grande succession supposée entre magie, religion et science. Les historiens contemporains ont largement remis en question ce modèle évolutionniste. MYTHOS doit donc associer l'histoire des pratiques anciennes à l'histoire des théories qui ont prétendu les expliquer. [R1] [R2]

731. Jean-Pierre Vernant, Marcel Detienne et la pluralité du religieux

La recherche sur la Grèce ancienne a montré que la vie religieuse ne se laisse pas organiser uniquement autour d'une doctrine écrite, d'un clergé centralisé et d'une distinction stable entre orthodoxie et hérésie. Les pratiques civiques, les mythes, les gestes domestiques et les savoirs locaux coexistent. Les approches de Vernant et de Detienne invitent à examiner les classifications, les récits et les modes de pensée sans présupposer des catégories modernes.

Cette méthode est précieuse pour la magie : au lieu de chercher une essence cachée, il faut demander comment une activité est autorisée, qui la conteste et quel réseau de représentations la rend intelligible. Une tablette de contrainte n'est pas un oracle delphique ; une invocation funéraire n'est pas une cérémonie de cité ; toutes appartiennent pourtant à l'histoire des relations entre humains et invisibles. Le refus de tout aplanir fait la force du comparatisme. [R1] [R17] [R2]

732. Conclusion générale : l'invisible comme domaine d'action et de conflit

De la Babylonie de Maqlû aux spéculations de Proclus, les pratiques étudiées ne dessinent aucune route unique conduisant de la superstition à la philosophie. Certaines cherchent à préserver la santé, d'autres à dominer un adversaire, d'autres encore à transformer l'âme. Les agents invoqués, les supports et les institutions changent. Leur point commun le plus prudent est la conviction ancienne que des gestes et des paroles pouvaient entrer en relation avec une réalité non immédiatement visible.

L'historien peut décrire ces convictions, leurs conséquences sociales et leurs transformations littéraires. Il ne peut pas déduire de l'existence d'une formule que sa puissance supposée était réelle. La philosophie, quant à elle, interroge la nature des causes, la légitimité de la contrainte et les limites de la connaissance humaine. Le tome XIX prolonge ainsi le projet de MYTHOS : comprendre les religions antiques sans les réduire ni à un catalogue d'illusions ni à une sagesse immuable. [R1] [R2] [R28] [R31]

BIBLIOGRAPHIE — ÉDITIONS ET RESSOURCES

Les notices de musée documentent des objets ; les ouvrages et articles documentent des interprétations. Certaines monographies ne sont consultables qu’en bibliothèque. Aucun extrait intégral protégé n’est reproduit.

ANNEXE I — TABLEAU COMPARATIF

Tradition Supports attestés Buts étudiés Risque d’anachronisme
Mésopotamie Tablettes d’incantation, figurines, gestes rituels Protection, purification, détournement de présages Assimiler tous les utukku à des démons chrétiens
Égypte pharaonique Amulettes, ivoires, stèles, formules funéraires Guérison, naissance, sécurité des morts Opposer mécaniquement magie et religion
Monde grec Tablettes de contrainte, littérature, objets protecteurs Rivalités, vulnérabilités, médiations avec les morts Prendre les récits de Circé pour une ethnographie
Égypte gréco-romaine PGM, manuscrits démotiques, gemmes Protection, divination, autorité rituelle Présumer un culte universel ou un texte unique
Néoplatonisme tardif Traités, commentaires et textes oraculaires Ascension de l’âme et assimilation au divin Confondre théurgie de Jamblique et magie babylonienne

ANNEXE II — CHRONOLOGIE CRITIQUE

ANNEXE III — ICONOGRAPHIE À INTÉGRER À MYTHOS

  1. Tablette de Maqlû provenant de Ninive : CDLI, objet P396631, notice et photographie https://cdli.mpiwg-berlin.mpg.de/artifacts/396631 ; vérifier la licence avant republication.
  2. Ivoire protecteur du Moyen Empire : Louvre, notice https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010007235 ; usage éditorial de la photographie à vérifier.
  3. Statuette d’Hécate : Metropolitan Museum, inv. 39.11.3 https://www.metmuseum.org/art/collection/search/253575 ; vérifier la mention Open Access de l’image choisie.
  4. Gemme avec prière : Getty, inv. 80.AN.24 https://www.getty.edu/art/collection/object/103TSC ; crédit et droits à confirmer.
  5. Visualisation éditoriale originale : carte conceptuelle reliant « protection », « contrainte », « médiation », « initiation » sans poser de continuité universelle.

ANNEXE IV — QUESTIONS PHILOSOPHIQUES

  1. Un rituel peut-il être légitime lorsqu’il prétend imposer une volonté à autrui ?
  2. La croyance en une efficacité suffit-elle à expliquer l’importance sociale d’une pratique ?
  3. Peut-on comparer une amulette égyptienne et une gemme romaine sans établir de filiation ?
  4. Pourquoi la possession d’un savoir spécialisé donne-t-elle à son détenteur une autorité ?
  5. La théurgie suppose-t-elle une causalité distincte de la causalité naturelle ?
  6. À quelle condition une ressemblance religieuse devient-elle un argument historique ?
  7. Comment distinguer la mise en scène littéraire de l’expérience religieuse vécue ?
  8. Pourquoi les accusations de magie changent-elles selon le pouvoir qui les prononce ?

Statut : manuscrit de recherche, non publié sur MYTHOS. Les références et les traductions doivent être relues avant une édition scientifique définitive.


MYTHOS — AUX ORIGINES DU SACRÉ