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MYTHOS — Encyclopédie des tragédies grecques — Volume CXLV (145)

Eschyle, Les Ramasseurs d'ossements (Ostologoi, Ὀστολόγοι) — Ulysse, les prétendants et la mémoire des morts

Corpus : théâtre grec perdu, attribution à Eschyle. Suite vérifiée : CXLIV, Pénélope. Dossier connexe : CXLIII, Les Évocateurs d'âmes. Statut générique : tragédie ou drame satyrique ? La qualification est débattue ; ne pas présenter l'œuvre comme une tragédie certaine. Règle critique : le récit homérique n'est pas le texte eschyléen.

1. Pourquoi cette pièce mérite un dossier autonome

Les Ramasseurs d'ossements est une œuvre perdue transmise sous le nom d'Eschyle. Ses fragments sont remarquables par leur ton : un personnage se plaint de violences humiliantes infligées par les prétendants de Pénélope, notamment Eurymaque. La parole paraît rétrospective, presque burlesque. L'écart entre le massacre homérique des prétendants et le récit d'objets jetés sur Ulysse a conduit les chercheurs à discuter non seulement l'intrigue, mais le genre de la pièce.

L'étude vient après Pénélope, sans la répéter : le précédent volume analysait l'identité fictive et la reconnaissance ; celui-ci examine la mémoire de l'humiliation, la vengeance et le traitement des restes humains.

2. Sources et établissement du texte

Les fragments 179 et 180 Radt sont attribués aux Ostologoi. Leur numérotation ne doit pas être confondue avec celle de l'ancienne traduction de Herbert Weir Smyth, où ils apparaissent parmi les fragments 94 et 95. L'édition de référence demeure Stefan Radt, Tragicorum Graecorum Fragmenta, vol. 3, Aeschylus (1985), à confronter avec Alan H. Sommerstein, Aeschylus, vol. III, Fragments (2008).

Le fragment 179 est transmis par Athénée, Deipnosophistes XV, 667c, dans un contexte de discussion du jeu du cottabe : l'éditeur antique s'intéresse à la façon de lancer le vin, non à la reconstruction de la pièce. Les vers sont textuellement difficiles et les éditions proposent plusieurs corrections. Cette transmission indirecte oblige à distinguer texte manuscrit, conjectures éditoriales et traduction interprétative.

Le fragment 180 décrit le lancement d'un objet malodorant contre la tête du locuteur. L'identification précise de l'objet, et la manière de comprendre les mots rares, exigent de consulter l'apparat critique ; il serait inexact de donner une version française comme littéralement certaine.

3. Le fragment 179 : Eurymaque et l'humiliation

La scène évoquée par le fragment 179 met en cause Eurymaque, l'un des principaux prétendants. Le locuteur rappelle que sa tête servait de cible et que le geste était comparé à un lancer de cottabe. Le jeu de banquet devient ici un instrument d'agression. La frontière entre divertissement aristocratique et violence contre un inférieur apparent est abolie.

La formulation grecque est instable à plusieurs endroits ; la paraphrase précédente rend seulement le sens général proposé par les éditions. Il n'est pas établi que le fragment soit prononcé pendant le massacre, après celui-ci ou dans une scène d'explication aux survivants.

L'identification du locuteur à Ulysse est très probable, parce que l'Odyssée décrit ses humiliations sous l'apparence d'un mendiant. Ce n'est toutefois pas une didascalie conservée.

4. Le fragment 180 : le projectile et le corps offensé

Le deuxième fragment poursuit l'évocation d'une offense : un objet jeté atteint ou entoure la tête du narrateur et répand une mauvaise odeur. Il est tentant de rapprocher cette image de l'épisode où Ctésippe lance un pied de bœuf contre Ulysse dans l'Odyssée XX.

Mais l'attribution précise du projectile, de l'agresseur et de la place de l'épisode reste discutée. L'identification du locuteur et la lecture de l'objet sont tributaires de corrections textuelles. Le fragment atteste un registre d'injure corporelle et de dérision, non un tableau scénique complet.

5. Le titre : que signifie « ramasser des os » ?

Ostologoi peut désigner ceux qui recueillent des ossements après une crémation. L'expression renvoie au geste funéraire de réunir les restes d'un défunt pour leur donner une place dans la mémoire des vivants. Chez Homère, la collecte des os après les funérailles de Patrocle et d'Hector fournit des parallèles linguistiques et rituels.

Une interprétation fait des Ramasseurs d'ossements les parents des prétendants tués, venus récupérer les restes de leurs proches. Cette lecture donne à la vengeance d'Ulysse une conséquence funéraire et politique.

Une autre hypothèse envisage un drame satyrique dans lequel des satyres, occupés à réclamer ou ramasser des os, porteraient un titre comique. Le contenu burlesque des fragments rend cette proposition digne d'examen. Aucune de ces identifications du chœur n'est démontrée.

6. Tragédie, drame satyrique ou dossier indécidable ?

Les éditions classent l'œuvre parmi les pièces attribuées à Eschyle, mais les fragments ne suffisent pas à déterminer avec assurance son genre. Les gestes grotesques, le jeu de banquet et le projectile malodorant pourraient convenir à une pièce satyrique. Cependant, la présence d'une tonalité comique dans un fragment n'interdit pas absolument une fonction dramatique plus sombre.

Il faut éviter un raisonnement circulaire : si l'on décide d'avance que le titre renvoie aux familles endeuillées, on conclura à la tragédie ; si l'on suppose des satyres, on conclura au drame satyrique. Le texte conservé ne tranche pas.

Classement MYTHOS recommandé : « théâtre eschyléen perdu — genre discuté », avec renvoi au catalogue des tragédies et aux drames satyriques.

7. L'arrière-plan homérique : le palais occupé

Dans l'Odyssée, les prétendants consomment les ressources de la maison d'Ulysse, pressent Pénélope de choisir un époux et humilient l'étranger déguisé. La domination du banquet est à la fois économique, politique et symbolique.

Le héros accepte provisoirement des violences qu'il pourrait, dans d'autres circonstances, venger immédiatement. Son silence n'est pas nécessairement de la passivité : il s'inscrit dans une stratégie de reconnaissance et de reprise du palais.

La pièce perdue pouvait exploiter ce décalage entre apparence d'impuissance et puissance dissimulée, mais aucun fragment n'en donne la structure.

8. Eurymaque dans l'Odyssée

Eurymaque se distingue par son éloquence et sa capacité à parler au nom du groupe des prétendants. Au chant XXII, il tente d'attribuer la responsabilité principale à Antinoos et propose une compensation matérielle après la mort de celui-ci.

Cette défense constitue un point de comparaison intéressant avec le fragment eschyléen : le même personnage qui prétend pouvoir négocier après le désastre a participé, dans le récit de l'humiliation, à la violence de banquet.

Il serait cependant imprudent d'attribuer à Eschyle la proposition de compensation du chant XXII. Elle appartient au texte homérique conservé.

9. Le cottabe : jeu et violence

Le cottabe est un jeu de banquet impliquant le lancer de restes de vin vers une cible. Les sources littéraires et iconographiques attestent son association à la sociabilité du symposium. Dans le fragment 179, la tête du personnage devient la cible d'un geste comparable.

La métaphore est cruelle : elle convertit un corps humain en accessoire de divertissement. L'insulte vise moins la blessure physique que la dégradation du statut de la personne visée.

La comparaison ne prouve pas qu'un véritable appareil de cottabe se trouvait sur scène. Un récit verbal suffit à produire l'image.

10. Le statut du mendiant et l'hospitalité

L'« étranger » accueilli dans une maison grecque peut dépendre de la protection des hôtes. Dans l'Odyssée, le déguisement d'Ulysse met à l'épreuve cette norme : les prétendants traitent le pauvre comme un être sans droits, alors que son identité réelle rend leur conduite encore plus périlleuse.

Le thème de l'hospitalité n'est pas une simple morale individuelle. Il touche l'ordre de la maison, la reconnaissance des dépendants et le rapport aux dieux protecteurs des étrangers.

La scène de l'humiliation peut donc être lue comme la manifestation d'une corruption du palais avant même le massacre.

11. Les os des prétendants : la justice après la vengeance

Si le titre concerne les proches des prétendants, la pièce pourrait avoir abordé ce qui reste après la restauration violente de l'autorité d'Ulysse. La question devient alors : ceux qui ont commis des offenses perdent-ils, par leur mort, le droit à des funérailles ?

Le geste de ramasser les os ne constitue pas une approbation de leurs actes. Il reconnaît que les morts appartiennent encore à des familles et à une communauté.

Cette orientation rappelle des problèmes rencontrés dans l'Antigone de Sophocle, sans prouver une filiation dramaturgique.

12. Le retour de la violence : le chant XXIV de l'Odyssée

À la fin de l'Odyssée, les parents des prétendants se rassemblent et une nouvelle confrontation menace. Athéna intervient pour imposer la cessation du conflit. Le récit homérique montre que la victoire d'Ulysse n'abolit pas automatiquement la mémoire des vaincus.

Les Ostologoi pourraient s'inscrire dans ce moment postérieur au massacre, mais aucun fragment ne confirme une scène de réconciliation, un arbitrage d'Athéna ou un accord entre familles.

La différence entre « récit possible » et « récit attesté » est ici décisive.

13. L'espace scénique : palais ou lieu funéraire ?

Trois cadres sont envisageables : le palais après le massacre ; un lieu de crémation et de collecte des restes ; un espace conventionnel où un récit rétrospectif évoquerait les offenses. Aucun n'est confirmé.

Le titre ne suffit pas à établir un décor funéraire. Les fragments ne livrent pas non plus une entrée de chœur, une indication de machine ou une description de scène.

Une reconstruction illustrée ne devrait donc pas montrer un décor déterminé sans signaler son caractère hypothétique.

14. Qui parle ?

L'hypothèse la plus économique identifie Ulysse comme le narrateur des humiliations. Les passages homériques correspondants expliquent pourquoi Eurymaque et d'autres prétendants pourraient lui avoir lancé des objets.

Mais la possibilité d'une parole rapportée, d'un autre personnage ou d'une scène satyrique n'est pas exclue par les seules lignes conservées. Les personnages ne sont pas nommés par des étiquettes de réplique transmises.

L'étude distingue ainsi locuteur probable et locuteur certain.

15. Une reconstruction minimale, explicitement conjecturale

Une reconstruction prudente peut retenir quatre éléments : le titre d'une œuvre eschyléenne ; deux fragments évoquant des humiliations infligées à un narrateur ; la mention d'Eurymaque ; la proximité avec les offenses faites à Ulysse dans l'Odyssée.

Tout le reste demeure hypothétique : présence d'Ulysse sur scène, identité du chœur, temps de l'action, genre, dénouement et articulation avec Pénélope.

Il serait particulièrement trompeur de composer des dialogues « retrouvés » entre Ulysse et les familles des prétendants.

16. La possibilité d'une trilogie odysséenne

L'existence de plusieurs titres eschyléens relatifs à Ulysse a suscité des propositions de groupements dramatiques. Les Évocateurs d'âmes, Pénélope et Les Ramasseurs d'ossements pourraient sembler former une progression allant du destin annoncé au retour, puis aux conséquences de la vengeance.

Cette continuité narrative est intellectuellement séduisante, mais aucune tétralogie précise n'est démontrée. Les titres ne garantissent ni représentation commune ni ordre de production.

La série MYTHOS rapproche ces dossiers pour l'étude, sans transformer ce rapprochement éditorial en fait historique.

17. La voix des vaincus

L'éventuelle collecte des os par les familles des prétendants déplacerait le centre de gravité de l'histoire. Le retour du roi, célébré comme justice restaurée, serait vu depuis les maisons endeuillées.

Une telle perspective n'efface pas les fautes des prétendants. Elle rappelle que la justice punitive possède des effets durables et que la victoire d'un personnage peut être une catastrophe pour d'autres.

Cette lecture est une hypothèse d'interprétation, non un thème explicitement formulé par un fragment.

18. Étude philosophique : Platon et le mensonge

Dans la République, Platon interroge la vérité, l'éducation des gardiens et la place des récits poétiques dans la cité. La ruse d'Ulysse invite à distinguer intelligence pratique et rectitude morale : l'habileté à tromper n'est pas identique à la justice.

Le héros utilise le déguisement pour reprendre sa maison ; les prétendants exploitent leur domination pour humilier l'homme qu'ils croient sans défense. L'opposition entre tromperie stratégique et injustice arrogante ne se laisse pas résoudre par une formule simple.

Aucun passage platonicien ne constitue un commentaire direct des Ostologoi.

19. Étude philosophique : Aristote et la justice corrective

L'Éthique à Nicomaque distingue plusieurs formes de justice, dont la justice corrective. La question des prétendants peut être formulée ainsi : quelle réparation serait proportionnée à l'occupation du palais et aux offenses subies ?

Le massacre homérique relève d'un monde héroïque qui ne correspond pas directement aux institutions judiciaires de la cité classique. La comparaison avec Aristote sert à mettre en évidence cette distance.

La récupération des os, si elle appartenait à la pièce, pourrait faire apparaître un autre niveau de justice : les morts ne sont plus des adversaires actifs, mais des personnes auxquelles des rites sont dus.

20. Étude philosophique : Hegel, reconnaissance et vengeance

Une lecture hégélienne peut examiner le passage d'un conflit personnel à une demande de reconnaissance sociale. Ulysse ne cherche pas seulement à éliminer des ennemis : il veut retrouver sa place d'époux, de père et de maître du palais.

La vengeance risque cependant de produire une nouvelle opposition entre la maison restaurée et les familles des morts. La victoire ne suffit pas à créer une communauté réconciliée.

Ce schéma ne doit pas être présenté comme la pensée d'Eschyle : il s'agit d'une confrontation philosophique moderne avec un récit antique fragmentaire.

21. Étude philosophique : Nietzsche, ressentiment et puissance

La mémoire de l'humiliation peut nourrir une vengeance. Une lecture inspirée de Nietzsche interroge le rapport entre blessure de l'honneur, capacité d'agir et justification morale de la violence.

Il serait pourtant simpliste de qualifier Ulysse de figure du « ressentiment » au sens nietzschéen. Son action relève aussi d'un calcul stratégique et d'un horizon héroïque distinct de la morale moderne.

Le registre grotesque des fragments peut accentuer le contraste entre la faiblesse apparente du mendiant et la force du vainqueur.

22. Étude philosophique : Hannah Arendt et l'irréversibilité

Dans Condition de l'homme moderne, Hannah Arendt insiste sur l'irréversibilité de l'action et sur les possibilités du pardon. La fin de l'Odyssée fournit un parallèle fécond : le massacre accompli ne peut être annulé, et la communauté doit empêcher sa transformation en cycle de représailles.

Le rapprochement n'implique pas qu'Eschyle ait représenté une réconciliation. Il aide à comprendre pourquoi les proches des morts, si tel était le chœur, pourraient constituer un sujet dramatique puissant.

23. Comparaison : l'Antigone de Sophocle

L'Antigone oppose l'interdiction politique d'enterrer Polynice à l'obligation familiale et religieuse des funérailles. Dans les Ostologoi, le seul titre peut faire penser à une collecte des restes des prétendants.

Le parallèle porte sur le traitement du mort et les obligations des vivants. Il ne prouve ni que les prétendants étaient privés de sépulture chez Eschyle ni qu'un conflit juridique identique se déroulait sur scène.

24. Comparaison : les funérailles de Patrocle et d'Hector

L'Iliade XXIII–XXIV décrit les soins apportés aux morts, la crémation et le recueil des os. Ces passages montrent l'importance des gestes funéraires dans la mémoire héroïque.

Le titre Ostologoi peut être rapproché de cette pratique, mais les morts de l'Odyssée ne sont pas automatiquement traités comme les héros de l'Iliade. La comparaison éclaire un vocabulaire rituel, non une intrigue certaine.

25. Mythologie comparée : le mort et ses proches

Les pratiques de collecte, de conservation ou de réinhumation des restes existent dans plusieurs sociétés anciennes. Les textes mésopotamiens et les données archéologiques grecques montrent l'importance des relations entre morts et vivants, mais leurs rites ne sont pas interchangeables.

Une comparaison scientifique devrait préciser l'époque, le contexte archéologique, le type de sépulture et les sources. Aucune filiation directe entre un rite mésopotamien et le titre eschyléen ne peut être postulée ici.

26. Tableau de critique documentaire

Proposition Degré de certitude
Une œuvre intitulée Ostologoi est attribuée à Eschyle Attesté
Le fragment 179 Radt est cité par Athénée XV, 667c Attesté
Le fragment 179 nomme Eurymaque Attesté, malgré des difficultés textuelles
Les fragments 179–180 évoquent des humiliations physiques Fortement étayé
Le locuteur est Ulysse Probable, non explicitement garanti
Le chœur représente les familles des prétendants Hypothèse
Le chœur représente des satyres Hypothèse concurrente
L'œuvre est assurément une tragédie Non établi
La pièce se termine par une réconciliation Non établi
Elle formait une trilogie avec Pénélope Non établi

27. Iconographie : propositions sourcées, sans attribution scénique

A. Ulysse et les prétendants. Les représentations antiques du retour d'Ulysse et du massacre des prétendants peuvent éclairer la réception visuelle du récit homérique. Pour chaque objet retenu, vérifier la notice d'inventaire du musée avant insertion.

B. Le cottabe. Les vases attiques montrant des convives lançant du vin constituent une illustration pertinente du jeu mentionné par Athénée. Les catalogues du Metropolitan Museum of Art et du British Museum peuvent être consultés pour sélectionner une image avec datation, provenance, inventaire et droits de reproduction.

C. Les rites funéraires. Les représentations de prothésis et d'ekphora, ainsi que les vases géométriques funéraires, peuvent contextualiser le thème du traitement des morts. Elles ne constituent pas des images de la pièce.

Aucune image non identifiée n'est intégrée. Ne pas présenter une peinture moderne ou un vase homérique comme une illustration directe de la mise en scène d'Eschyle.

28. Bibliographie critique vérifiable

  1. Radt, Stefan (éd.), Tragicorum Graecorum Fragmenta, vol. 3, Aeschylus, Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 1985, frr. 179–180.
  2. Sommerstein, Alan H. (éd. et trad.), Aeschylus, vol. III, Fragments, Loeb Classical Library 505, Harvard University Press, 2008, rubrique Bone-Gatherers.
  3. Athénée, Deipnosophistes XV, 667c, transmission du fr. 179.
  4. Homère, Odyssée XVII–XXII et XXIV : humiliations d'Ulysse, massacre des prétendants et réaction des familles.
  5. Homère, Iliade XXIII, 239 et 252 ; XXIV, 793 : collecte des os lors des funérailles héroïques.
  6. Sophocle, Antigone : conflit autour de la sépulture, pour comparaison.
  7. Wright, Matthew, The Lost Plays of Greek Tragedy, vol. 2, Aeschylus, Sophocles and Euripides, Bloomsbury, 2018.
  8. Gantz, Timothy, Early Greek Myth: A Guide to Literary and Artistic Sources, Johns Hopkins University Press, 1993.
  9. Étude spécialisée, « Odysseus as a Target in the Odyssey and Aeschylus’ Fr. 179, 180 Radt (On the History of Greek Parody) », Hyperboreus, texte accessible : https://judaica.ch/index.php/Hyperboreus/article/download/11478/14404/52355 .
  10. Fragments en traduction ancienne, Aeschylus, Fragments 94–114: Ostologoi to Prometheus Unbound : https://www.greekmythology.com/sources/aeschylus/fragments/ostologoi-to-prometheus-unbound .
  11. Sommerstein, A. H., table des matières de l'édition Loeb, rubrique Bone-Gatherers : https://toc.library.ethz.ch/objects/pdf/z01_978-0-674-99629-8_01.pdf .

29. Conclusion

Les Ramasseurs d'ossements est une œuvre exemplaire des difficultés du théâtre grec perdu. Deux fragments évoquent les humiliations d'un personnage très probablement identifiable à Ulysse, mais le titre peut orienter l'interprétation soit vers les familles des prétendants, soit vers une situation satyrique. Le genre même de l'œuvre demeure incertain.

La question la plus féconde est celle du passage de la vengeance à la mémoire : que reste-t-il d'une victoire lorsqu'il faut encore recueillir les morts, entendre les familles et rétablir une communauté ? Cette question peut guider une lecture philosophique sans être présentée comme le dénouement attesté d'Eschyle.

Politique éditoriale : dossier nouveau CXLV ; aucune modification des volumes antérieurs ; aucune publication WordPress ; sources primaires et conjectures séparées ; lien thématique avec CXLIV Pénélope et CXLIII Les Évocateurs d'âmes.