MYTHOS | Charte de documentation et d’édition scientifique (30 octobre 2026). Cette page définit les critères appliqués aux articles historiques, aux mythologies et au théâtre grec, pour que le lecteur puisse distinguer documents, interprétations et reconstructions. L’adoption d’une charte ne signifie pas que l’ensemble des dossiers est déjà intégralement vérifié ; les contrôles se font source par source.
1. Trois niveaux de preuve : attesté, hypothétique, créatif
- Attesté : fait relié à un vestige décrit, une inscription localisée, un document identifié ou une édition de texte, avec date et cote lorsque disponibles.
- Hypothèse : datation reconstruite, identification de divinité discutée, fonction d’un bâtiment ou filiation religieuse argumentée mais non démontrée.
- Reconstitution créative : dialogue, scène ou narration moderne proposée à partir de fragments. Elle n’est jamais imprimée comme une traduction d’un texte antique conservé.
2. Référencer un texte ancien avec précision
Une citation de source primaire doit indiquer : auteur ou tradition, œuvre, unité stable (livre/chapitre/vers/ligne ; numéro de tablette, papyrus ou inscription), langue de l’original, édition ou traduction utilisée, et lien vers la notice lorsque possible. Le commentaire doit distinguer les paroles de la source des analyses modernes. Un passage ne doit jamais recevoir un numéro de ligne déduit ou inventé.
- Exemple grec : Hésiode, Théogonie, v. 188–206, épisode de la naissance d’Aphrodite. Consulter l’édition grecque et la traduction choisie pour vérifier les limites exactes du passage.
- Exemple politique : Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, I, 96–99, sur la constitution et les débuts de la ligue dominée par Athènes. Le texte de Thucydide demeure une source construite, pas une archive administrative brute.
- Exemple documentaire : une tablette doit être citée par sa collection, son numéro d’inventaire et son édition. Le dossier de Mari peut renvoyer à des correspondances éditées dans les Archives royales de Mari, sans fabriquer de numéro de tablette lorsque celui-ci n’a pas été contrôlé.
3. Corpus numériques et éditions
- Scaife / Perseus Digital Library : consulter les textes grecs et latins en langue originale et en traduction ; préciser l’édition effectivement citée.
- Oracc — Open Richly Annotated Cuneiform Corpus : transcriptions et éditions de corpus cunéiformes ; le corpus et la numérotation doivent être indiqués.
- Cuneiform Digital Library Initiative (CDLI) : fiches de tablettes et références d’inventaire ; vérifier le numéro de l’objet avant d’en donner une traduction.
- Thesaurus Linguae Aegyptiae : textes égyptiens, translittérations et lemmes ; préciser la cote du monument et l’édition.
- Old Tibetan Documents Online : textes et archives tibétains anciens, avec statut philologique des éditions.
4. Bibliographie universitaire, une œuvre à la fois
Chaque chapitre doit présenter des références académiques identifiables : auteur, titre intégral, éditeur ou revue, année et pages pour une citation directe. Les ouvrages généraux et les synthèses de musée sont indiqués comme points de départ, non comme preuves spécifiques de toute affirmation. Les controverses doivent citer plusieurs interprétations lorsqu’elles sont significatives. Une référence imprécise est signalée « à compléter » plutôt que présentée comme vérifiée.
5. Théâtre grec : fragments et pièces perdues
- Texte conservé : vers ou passage transmis, numérotation d’une édition indiquée.
- Fragment authentique : texte attribué par une source ancienne ou conservé sur papyrus ; indiquer le témoin, l’attribution et la numérotation de l’édition de fragments (par exemple TrGF, lorsqu’elle a été contrôlée).
- Témoignage indirect : résumé, scholie, commentaire ancien ou titre mentionné ; ce n’est pas le texte de la pièce.
- Scène reconstituée : rédaction moderne explicitement annoncée comme création, sans vers inventés attribués à Eschyle, Sophocle, Euripide ou Aristophane.
Parcours : tragédies et corpus perdu · comédie grecque · analyses philosophiques des pièces conservées.
6. Iconographie : origine, date et droits de réutilisation
Toute image mise en ligne doit être accompagnée de l’auteur ou producteur lorsque connu, du sujet identifié, de la date de l’œuvre et éventuellement de la prise de vue, de l’institution propriétaire, d’un numéro d’inventaire ou d’une URL permanente, et de sa licence de reproduction. Une œuvre antique du domaine public n’implique pas que toutes les photographies de cette œuvre sont automatiquement libres. Une restitution archéologique moderne doit porter la mention « reconstitution hypothétique » et identifier son auteur.
- Metropolitan Museum of Art — Open Access : reproductions vérifiées des œuvres identifiées comme Open Access, sous CC0 ; consulter le statut de chaque notice avant insertion.
- British Museum — droits des images : les autorisations dépendent du mode de diffusion ; la consultation d’une notice ne vaut pas licence libre.
- UNESCO — notices patrimoniales : sources de contexte, mais les photographies de la notice ont leurs propres droits ; ne pas les recopier sans vérification.
7. Cartes, tableaux et chronologies
Les cartes indiquent la source des coordonnées, la datation des frontières et leur caractère souvent reconstruit. Les tableaux historiques doivent séparer date attestée, intervalle proposé et événement déduit. Les termes « empire », « civilisation », « dynastie » et « religion » changent de sens entre les sociétés et ne doivent pas être traités comme des unités universelles. La mise en page mobile privilégie les titres courts, les tableaux limités et les liens explicites.
8. Journal de contrôle et transparence
La mention « dispositif méthodologique en place » ne vaut pas validation de chaque lien ou de chaque citation. Les vérifications définitives demandent de consulter les sources primaires, de contrôler les pages citées et les droits des images une par une. Les corrections futures conserveront les désaccords historiographiques utiles, feront apparaître la date de révision et éviteront les doublons de dossiers.
