MYTHOS | Civilisations du monde — Balkans, Anatolie, Méditerranée orientale. Repères chronologiques : IVe–XVe siècles de n. è.. Étude historique et interprétative avec distinction entre sources et hypothèses.
Une continuité impériale, pas une naissance soudaine
La fondation officielle de Constantinople comme nouvelle capitale par Constantin en 330 s’inscrit dans les transformations plus larges de l’Empire romain. Les habitants de ce que les historiens appellent aujourd’hui l’Empire byzantin se désignent largement comme Romains. Après les divisions administratives de la fin du IVe siècle et la disparition du pouvoir impérial occidental au Ve siècle, l’empire oriental conserve et remanie des institutions, un droit et une idéologie d’origine romaine. L’étiquette « byzantin » est un outil historiographique tardif, utile mais potentiellement trompeur.
Justinien, les guerres et le droit
Sous Justinien Ier (527–565), les campagnes d’Italie et d’Afrique du Nord cherchent à restaurer des positions impériales en Méditerranée. La compilation juridique associée à son règne devient un corpus fondamental de l’histoire du droit, sans représenter la pratique inchangée de tous les siècles suivants. Les travaux à Sainte-Sophie, les grands programmes impériaux et la réorganisation fiscale reflètent les ambitions d’un État confronté aux coûts militaires, aux épidémies et aux rivalités.
Thèmes, aristocraties et échanges
Après les conquêtes arabes du VIIe siècle et la perte de régions orientales, l’empire réorganise progressivement ses dispositifs militaires et territoriaux. Le système des thèmes ne constitue pas une innovation datable d’un seul acte. Constantinople demeure un centre commercial, artisanal et diplomatique relié aux mondes slaves, musulmans, italiens et caucasiens. Les relations entre paysans, aristocrates fonciers, monastères et fiscalité changent fortement selon les périodes.
Christianismes orientaux et querelles des images
La théologie et le culte impérial ne forment pas un bloc sans conflits. Les débats christologiques, les conciles, l’iconoclasme aux VIIIe–IXe siècles et les relations avec Rome mobilisent des argumentations politiques et doctrinales. Les icônes, les mosaïques, les reliques et les liturgies participent à une réflexion sur la visibilité du sacré. La séparation entre Églises orientale et occidentale ne saurait être ramenée à une rupture immédiate et définitive en 1054.
Des Comnènes à 1453 : transformation et héritage
L’arrivée des croisés à Constantinople en 1204 et l’installation d’un empire latin transforment l’équilibre politique de la région. La reprise de 1261 ne restitue pas la puissance antérieure. L’expansion ottomane mène à la prise de Constantinople en 1453, date centrale mais non point final de toutes les traditions romaines orientales. Les corpus grecs transmis, les arts, le droit, les monastères et les Églises orthodoxes nourrissent des héritages qui dépassent la fin de l’État impérial.
Philosophie et comparaison
La notion de symphonia entre autorité impériale et religieuse doit être contextualisée plutôt que traitée comme une séparation moderne des pouvoirs. La transmission et l’interprétation de Platon et d’Aristote, les débats théologiques et les polémiques iconoclastes offrent à MYTHOS un passage entre la philosophie grecque classique, l’Antiquité tardive et les christianismes médiévaux.
Lire les sources et prolonger l’enquête
Protocole critique
Les chronologies archéologiques et inscriptions contemporaines sont privilégiées. Les traditions littéraires rédigées plusieurs siècles après les événements doivent être présentées comme des sources de mémoire. Les rapprochements mythologiques constituent des interprétations, sauf démonstration indépendante de contacts et de transmission.
