AMPHIARAOS — RECRÉATION DRAMATIQUE DÉVELOPPÉE
Collection MYTHOS · Aristophane · Ἀμφιάραος · représentation aux Lénéennes de 414 av. J.-C.
AVERTISSEMENT : tous les dialogues, personnages nommés, épisodes et dénouements ci-dessous sont de création contemporaine. Les fragments attestent un contexte de consultation oraculaire et de guérison à propos d’un personnage âgé et de son épouse ; ils ne permettent pas de restituer les neuf scènes ici imaginées.
I. ÉTAT DES SOURCES, ATTESTATIONS ET HYPOTHÈSES
ATTESTÉ : le titre, la représentation en 414, et un ensemble de fragments regroupés dans PCG III.2 ; le fr. 25 mentionne un présent de viande apporté de la part d’une femme, sans que son destinataire exact soit certain ; le fr. 29 contient des indications dont le statut — prescription oraculaire ou incantation érotique — est débattu ; le fr. 34 évoque une eau pure susceptible de renvoyer à la source du sanctuaire ; le fr. 35 renvoie à une histoire humaine plutôt qu’à une intrigue purement mythologique. Le recours aux serpents guérisseurs appartient également aux témoignages sur le texte et au contexte cultuel.
HYPOTHÈSE : le déplacement d’un vieil homme et de sa femme au sanctuaire d’Amphiaraos à Oropos, en quête notamment de rajeunissement ou de vigueur. La nature précise du mal du vieillard n’est pas établie. RECRÉATION : prêtre intéressé, marchand d’amulettes, opposition entre médecin et officiant, dialogue onirique et dénouement conjugal.
L’iconographie du sanctuaire est illustrée par le relief votif d’Archinos, conservé au Musée national archéologique d’Athènes (inv. 3369). Il date de la première moitié du IVe siècle av. J.-C. : il renseigne sur les pratiques cultuelles et ne constitue pas une illustration de la représentation de 414.
II. DISTRIBUTION ET DÉCOR
Mnésilochos, vieillard athénien ; Thaleia, son épouse ; un médecin ; un prêtre ; un marchand d’amulettes ; un serviteur ; Amphiaraos ; un chœur de dormeurs et de visiteurs du sanctuaire. Décor mobile : maison à Athènes, chemin vers Oropos, portique des dormeurs, source.
III. TEXTE DRAMATIQUE
I — PROLOGUE : LE VIEILLARD ET LES TROIS MÉDECINS
À l’entrée d’une maison d’Athènes, un vieillard poursuit un médecin avec une ordonnance. Sa femme rassemble des sacs de voyage.
MNÉSILOCHOS. Le premier médecin m’a donné des herbes. Le deuxième m’a fait courir. Le troisième m’a interdit le vin, la viande et les femmes. S’il continue, je n’aurai plus rien à sauver.
THALEIA. Tu prétends donc que ton mal réside uniquement dans les interdictions qu’on t’impose.
MNÉSILOCHOS. Depuis que je les respecte, je me sens plus vieux.
THALEIA. Tu t’es toujours senti plus jeune lorsque tu n’écoutais personne.
LE MÉDECIN. Ma prescription exige modération.
MNÉSILOCHOS. Depuis quand un homme appelle-t-il guérison le fait de renoncer à tout ce qu’il aime ?
LE MÉDECIN. Depuis qu’il sait que la santé ne se mesure pas à la taille du banquet.
THALEIA. Voilà une vérité qui entre difficilement dans cette maison.
MNÉSILOCHOS. J’ai appris qu’à Oropos un héros rend aux hommes leurs forces pendant leur sommeil.
THALEIA. Cela devrait te convenir. Tu as passé la moitié de ta vie à dormir après tes repas.
MNÉSILOCHOS. Amphiaraos connaît les maladies que les autres médecins refusent de guérir.
LE MÉDECIN. Certains rêves donnent de l’espoir ; ils ne remplacent pas le soin.
MNÉSILOCHOS. Tu veux donc empêcher le dieu de travailler ?
LE MÉDECIN. Je veux surtout qu’il ne fasse pas payer à ma place un traitement que nous pouvons déjà comprendre.
THALEIA. Nous irons. Mais je parlerai au prêtre, et c’est moi qui tiendrai la bourse.
MNÉSILOCHOS. Pourquoi toi ?
THALEIA. Parce que tu prendrais une statue de bronze pour un médecin dès lors qu’on lui mettrait une couronne.
II — PARODOS : LES DORMEURS DU SANCTUAIRE
Le décor pivote. Sous un portique fictif, des visiteurs portent couvertures, pains, béquilles et offrandes. Un musicien imite le bruit de l’eau.
LE CHŒUR DES DORMEURS. Nous venons des chemins poussiéreux, des maisons où l’on ne dort plus, des lits où la douleur passe la nuit à compter nos os.
LE CORYPHÉE. Ici, nous espérons voir Amphiaraos en rêve. Certains reviennent guéris, certains reviennent soulagés, certains reviennent simplement décidés à continuer.
UNE DORMEUSE. Je demande que mon épaule cesse de me faire souffrir.
UN AUTRE. Moi que mes yeux reconnaissent encore le visage de mes enfants.
LE CORYPHÉE. Ce vieillard, lui, veut retrouver l’âge où il croyait que les dieux avaient créé le monde pour qu’il puisse s’y regarder.
MNÉSILOCHOS. Je proteste contre cette dernière description.
THALEIA. Elle est pourtant la première de la journée qui semble exacte.
LE CHŒUR. Eau pure, pain partagé, silence de la nuit : nous n’achetons pas l’immortalité. Nous cherchons une raison de ne pas renoncer à notre existence.
III — PREMIER ÉPISODE : LE PRIX DE LA PURIFICATION
Un prêtre tient deux tablettes . la première détaille les prescriptions du rite, la seconde les offrandes reçues.
LE PRÊTRE. Purifie-toi avant d’entrer. Il faudra ensuite accomplir le sacrifice et attendre la nuit.
MNÉSILOCHOS. Combien ?
LE PRÊTRE. Le prix de quoi ?
MNÉSILOCHOS. De ma guérison.
LE PRÊTRE. Ce prix appartient au dieu.
THALEIA. Le prix du mouton, lui, appartient au marchand.
LE PRÊTRE. Les rites exigent de la dignité.
THALEIA. Et de l’argent, apparemment.
MNÉSILOCHOS. Pourrais-je apporter une chèvre plus petite ?
LE PRÊTRE. Les règles du sanctuaire ne sont pas une foire.
THALEIA. Nous ne cherchons pas à les tourner. Nous demandons simplement qu’on distingue les prescriptions du sanctuaire de la gourmandise de ceux qui vendent les offrandes.
LE PRÊTRE. Tu poses des questions dangereuses.
THALEIA. Pour le rite ?
LE PRÊTRE. Pour la tranquillité des fonctionnaires.
UN VENDEUR. J’ai des amulettes garanties contre les mauvais rêves.
MNÉSILOCHOS. Sont-elles efficaces ?
UN VENDEUR. Je n’ai jamais rencontré un rêve qui soit venu se plaindre.
THALEIA. Nous n’en prendrons pas.
LE VENDEUR. Tu affrontes donc le risque d’un songe sans assurance !
LE CORYPHÉE. Le sanctuaire reçoit les souffrances des hommes ; le marché voisin en a déjà calculé le rendement.
IV — DEUXIÈME ÉPISODE : UNE OFFERTE DE VIANDE
Le serviteur de Thaleia apporte un panier contenant de la viande et des pains.
LE SERVITEUR. Madame m’a demandé d’apporter ces morceaux à l’homme qui veille sur le sanctuaire.
LE PRÊTRE. À quel titre ?
LE SERVITEUR. Je ne sais pas. Elle a dit que le vieillard devient insupportable quand il a faim.
MNÉSILOCHOS. Le vieillard, c’est moi.
LE SERVITEUR. Alors elle a précisé : le vieillard devant les prêtres, pas le vieillard devant les pains.
THALEIA. J’ai partagé le repas avec les voyageurs. Le dieu n’a pas besoin que nous nous affamions pour l’honorer.
LE PRÊTRE. Les dons au sanctuaire obéissent à des règles.
THALEIA. Les dons aux malades aussi. Celui qui a fait six journées de marche ne devrait pas attendre une vision divine pour recevoir du pain.
UNE DORMEUSE. Je te remercie. Depuis le départ, mon épaule m’empêche de porter ma propre corbeille.
MNÉSILOCHOS. J’aimerais que le dieu me rende aussi mes forces.
THALEIA. Lesquelles ? Tu as encore la force de discuter six heures du sens de chaque prescription.
LE CORYPHÉE. L’offrande véritable n’est pas toujours la plus spectaculaire. Elle se reconnaît parfois à ce qu’elle soulage immédiatement quelqu’un.
V — AGÔN : QU’EST-CE QU’UNE GUÉRISON ?
Le prêtre invite les voyageurs à exposer leurs demandes devant une image d’Amphiaraos. Un médecin de passage répond au vieillard.
MNÉSILOCHOS. Je veux retrouver l’élan de mes vingt ans.
LE MÉDECIN. Veux-tu aussi retrouver l’ignorance qui les accompagnait ?
MNÉSILOCHOS. Je préférerais garder mon intelligence.
THALEIA. Voilà une réserve dont il surestime l’étendue.
LE PRÊTRE. Le héros peut offrir une vision à qui accomplit les rites.
LE MÉDECIN. Mais la vision ne dispense pas de reconnaître une blessure, une maladie ou les limites du corps.
LE PRÊTRE. Tu prétends expliquer ce que les dieux font dans les rêves ?
LE MÉDECIN. Non. Je prétends que l’observation et le rite ne se détruisent pas nécessairement l’un l’autre.
MNÉSILOCHOS. Vous voilà deux savants : l’un parle au nom de l’expérience, l’autre au nom du dieu, et tous deux m’interdisent ce que je voudrais.
THALEIA. Peut-être parce que tu demandes une jeunesse qui ne s’est jamais comportée comme tu la racontes.
MNÉSILOCHOS. Tu prétends donc que mes souvenirs sont mensongers ?
THALEIA. Je prétends qu’ils ont été écrits par un auteur qui te donne toujours le meilleur rôle.
LE MÉDECIN. Un homme peut espérer retrouver des forces sans nier son âge.
LE PRÊTRE. Il peut aussi chercher un sens au mal qui le frappe.
LE CORYPHÉE. L’un cherche ce qui soigne, l’autre ce qui signifie. Le malheur commence quand chacun prétend posséder toute la réponse et interdire à l’autre de parler.
VI — LE SOMMEIL : UN SERPENT ET DEUX VOIX
La nuit tombe. Les dormeurs s’étendent dans le portique. Un serpent de tissu glisse lentement derrière les lits. La scène représente la vision d’un personnage et ne reconstitue pas une pratique médicale réelle.
MNÉSILOCHOS. Je n’arrive pas à dormir. Le dieu doit me trouver trop intéressant.
THALEIA. Ferme les yeux.
MNÉSILOCHOS. Et s’il vient pendant que je ferme les yeux ?
THALEIA. C’est précisément le principe du rêve.
MNÉSILOCHOS. Je suis donc contraint de manquer le dieu pour le rencontrer.
La flûte devient grave. Amphiaraos apparaît, vêtu comme un ancien guerrier.
AMPHIARAOS. Que veux-tu de moi, voyageur ?
MNÉSILOCHOS. Une guérison.
AMPHIARAOS. De quelle souffrance ?
MNÉSILOCHOS. Je voudrais redevenir celui que j’étais autrefois.
AMPHIARAOS. Lequel ?
MNÉSILOCHOS. Celui qui courait, mangeait, séduisait et n’avait peur de rien.
AMPHIARAOS. Même dans ton souvenir, tu n’es pas toujours cet homme-là.
MNÉSILOCHOS. Mon souvenir est pourtant le seul endroit où je puisse encore le rencontrer.
AMPHIARAOS. Que demande ton épouse ?
THALEIA. Que cet homme accepte d’être avec moi plutôt que de regretter sans fin celui qu’il n’est plus.
AMPHIARAOS. Alors je lui montrerai deux chemins. Sur le premier, il reçoit une jeunesse neuve et abandonne tout ce qu’il a vécu. Sur le second, il reste âgé et apprend à regarder ce qui lui demeure.
MNÉSILOCHOS. Je veux un troisième chemin : la jeunesse et les souvenirs.
AMPHIARAOS. Les hommes demandent toujours aux dieux de supprimer le prix des choix.
Le serpent passe près de l’épaule de la dormeuse. La flûte change de rythme.
MNÉSILOCHOS. Serpent ! Tu viens de dépasser mon lit !
AMPHIARAOS. Il ne t’a pas oublié. Il te rappelle simplement que tu n’es pas le seul malade du sanctuaire.
VII — TROISIÈME ÉPISODE : L’INTERPRÉTATION DU RÊVE
Au matin, les dormeurs racontent leurs visions. Le marchand d’amulettes a dressé une table d’interprétation.
LE VENDEUR. Rêver d’un oiseau annonce une réussite ; rêver d’un poisson annonce un voyage ; rêver d’une dette annonce qu’il faut me payer.
THALEIA. Et rêver que tu mens ?
LE VENDEUR. C’est une accusation sans fondement.
MNÉSILOCHOS. J’ai vu Amphiaraos. Il ne m’a donné ni herbe, ni recette, ni jeunesse.
LE PRÊTRE. Il t’a donc parlé par énigmes.
LE MÉDECIN. Qu’en as-tu retenu ?
MNÉSILOCHOS. Que ma mémoire pouvait embellir un passé et rendre mon présent plus pauvre.
THALEIA. Voilà une observation qui ne demande ni oracle supplémentaire ni ordonnance très longue.
LE PRÊTRE. Mais il s’agit peut-être précisément de l’oracle.
UNE DORMEUSE. Pour ma part, j’ai mieux dormi. Mon épaule me fait encore mal, mais quelqu’un m’a donné des indications pour la ménager.
LE MÉDECIN. Nous verrons ensemble ce qui peut être fait.
LE VENDEUR. Et mes amulettes ?
LE CORYPHÉE. Tu pourras les porter toi-même. Tu as grand besoin d’être protégé de la vérité.
MNÉSILOCHOS. Alors, dois-je rester au sanctuaire ?
THALEIA. Une nuit de repos supplémentaire te fera peut-être du bien. Mais pour une fois, tu ne devrais pas considérer le dieu comme un marchand de jeunesse.
VIII — PARABASE : LE SANCTUAIRE, L’ESPOIR ET LES CHARLATANS
Le chœur retire ses couvertures et s’avance vers les spectateurs.
LE CORYPHÉE. Athéniens, nul ne rit des malades parce qu’ils cherchent de l’aide. Le rire s’adresse à ceux qui leur promettent tout sans rien risquer, aux vendeurs qui calculent l’espoir comme une mesure de farine, aux puissants qui parlent du dieu comme d’un serviteur.
LE CHŒUR. La souffrance n’abolit pas le jugement. Un récit de guérison n’est pas un acte de vente ; un songe ne se mesure pas comme une amphore. Certains trouvent au sanctuaire des soins, d’autres du repos, d’autres le courage de parler de ce qui les accable.
LE CORYPHÉE. Qu’on ne fasse ni du prêtre un médecin universel, ni du médecin un juge de toutes les croyances, ni d’un marchand de talismans le propriétaire de la peur.
LE CHŒUR. Si un vieux citoyen cherche l’immortalité, riez de sa vanité ; s’il demande à vivre sans douleur, répondez avec sérieux. Le théâtre doit pouvoir distinguer la prétention du malheur.
IX — EXODOS : LA SOURCE ET LE RETOUR
À la sortie du sanctuaire, les voyageurs font halte devant la source. Le vieux couple s’apprête à reprendre le chemin d’Athènes.
MNÉSILOCHOS. J’avais espéré rapporter un corps jeune. Je rapporte une autre idée.
THALEIA. Pourvu qu’elle ne pèse pas autant que les pierres que tu as voulu ramasser.
MNÉSILOCHOS. Je sais maintenant que je possède encore deux jambes capables de marcher jusqu’à la mer, des amis qui me supportent et une femme dont je n’ai pas assez écouté les plaisanteries.
THALEIA. Tu viens d’en entendre une. Cela te fera du bien.
LE PRÊTRE. Tu as accompli la visite. N’oublie pas de remercier Amphiaraos.
MNÉSILOCHOS. Je le remercie. Et je remercie également ceux qui ont porté les couvertures et préparé le repas.
LE MÉDECIN. Continue à prendre soin de toi.
MNÉSILOCHOS. Voilà un conseil que j’ai longtemps pris pour une offense.
UNE DORMEUSE. Nous repartirons demain. Je laisserai un petit don, en reconnaissance de l’aide reçue.
LE VENDEUR. Et si je fais une dernière offre d’amulettes ?
THALEIA. Offre-toi une journée de silence. Nous y verrons tous un grand miracle.
LE CHŒUR FINAL. Qu’Amphiaraos reçoive les prières et que les hommes n’abandonnent pas le soin de leurs semblables. Que le sommeil soulage les corps fatigués, que la parole répare quelquefois ce qu’aucune plante ne peut guérir, et que les vieux retrouvent le plaisir d’être vivants, non le fantasme de n’avoir jamais vécu !
IV. COMMENTAIRE UNIVERSITAIRE
Le sanctuaire d’Oropos permet de réunir une géographie réelle de l’Attique, la pratique de l’incubation et les aspirations très concrètes des malades. Le rituel cultuel ne doit pas être confondu avec un dispositif médical vérifié au sens moderne. La comédie peut tourner en dérision des abus sans que cette satire établisse une incrédulité générale d’Aristophane envers les dieux. Le fr. 29 demande une prudence supplémentaire : les philologues discutent jusqu’au statut grammatical de la formulation, et certaines lectures lui prêtent une dimension sexuelle.
Le soulagement de l’épaule de la visiteuse est un motif de dramaturgie inspiré du relief d’Archinos. Il ne faut pas relier historiquement ce patient du IVe siècle au personnage de la comédie du Ve siècle. Dans ce drame moderne, le serpent est un signe onirique et scénique ; le texte ne prétend pas qu’une morsure de serpent puisse constituer un traitement médical sûr.
V. BIBLIOGRAPHIE ET OBJET DE MUSÉE
Christian Orth, Aristophanes, Aiolosikon – Babylonioi (fr. 1–100), Fragmenta Comica 10.3 (2017), section Amphiaraos : https://digi.hadw-bw.de/view/frc10_3/0100/text_ocr ; Aristophanes, Amphiaraus, fr. 29 (Kassel–Austin): Oracular Response or Erotic Incantation? Classical Quarterly : https://www.cambridge.org/core/journals/classical-quarterly/article/abs/aristophanes-amphiaraus-fr29-kasselaustin-oracular-response-or-erotic-incantation/ACA132CD6E41D359075E5C900BD4E3DC ; Musée national archéologique d’Athènes, relief d’Archinos : https://www.namuseum.gr/en/monthly_artefact/the-grateful-patient/ ; Open University, Seeing Amphiaraos : https://www.open.edu/openlearn/history-the-arts/exploring-ancient-greek-religion/content-section-5.4 .
