ARISTOPHANE — COMÉDIES PERDUES, VOLUME IV

MYTHOS | Théâtre grec ancien. Cinq pièces adaptées. Les scènes, personnages et chœurs sont des créations originales en français. Les notices distinguent ce que les témoignages permettent d’affirmer de ce qui est conjectural.

ÉDITION SCÉNIQUE : prologue, parodos, agôn, parabase et exodos. Ce n’est pas une restitution intégrale de textes perdus.

XVII. LES NAVIRES MARCHANDS — Ὁλκάδες (423 av. J.-C.)

DOSSIER CRITIQUE — La pièce est datée de 423 av. J.-C. Les fragments 427–431 sont associés à une liste de marchandises importées et pourraient appartenir à la parabase ; l’interprétation d’une comédie sur l’abondance maritime et l’aspiration à la paix est plausible. Le conflit des propriétaires de navires et le procès des ports sont inventés.

PERSONNAGES (création moderne) — Naukratès (armateur), Mnésiphilos (paysan), une Marchande, un Fonctionnaire, le chœur des Navires marchands.

PROLOGUE — LE PORT AU GRAND APPÉTIT

NAUKRATÈS. Mes navires vont des îles à la Sicile, des rivages d’Asie aux greniers de l’Égypte. Et l’Agora me traite comme un voleur si j’augmente le prix de l’huile.

MNÉSIPHILOS. Tu nous vends l’huile d’autrui, mais mes oliviers de l’Attique brûlent.

NAUKRATÈS. Tes arbres n’ont jamais traversé une tempête.

MNÉSIPHILOS. Les miens ont traversé des armées.

LA MARCHANDE. Silence, vous deux. On ne peut pas discuter de la paix en empêchant les clients d’acheter des sardines.

LE FONCTIONNAIRE. Il faut déclarer chaque amphore.

NAUKRATÈS. Même celle que la mer a emportée ?

LE FONCTIONNAIRE. Surtout celle-là : elle manque à nos recettes.

PARODOS — INVENTAIRE DE LA MÉDITERRANÉE

LE CHŒUR DES NAVIRES. Nous apportons les nourritures et les étoffes, les jarres et les parfums, les poissons du large et les histoires des ports. Chaque ville se vante de n’avoir besoin de personne ; pourtant chaque table d’Athènes connaît notre route.

LE CORYPHÉE. Qui croit vivre seul devrait essayer de dîner avec un seul champ et sans mer.

MNÉSIPHILOS. Moi, je n’ai pas demandé que la mer disparaisse : seulement que les guerres cessent d’en fermer les chemins.

AGÔN — LE COMMERCE EST-IL LA PAIX ?

NAUKRATÈS. La flotte nourrit Athènes, offre du travail, apporte les denrées dont elle manque.

MNÉSIPHILOS. Les trirèmes protègent les marchands, mais elles peuvent aussi effrayer ceux avec qui nous voulons commercer.

LE FONCTIONNAIRE. Notre domination assure l’ordre.

LA MARCHANDE. À qui ? Aux navires qui naviguent ou aux cités qui versent les tributs ?

NAUKRATÈS. Une mer sans puissance serait livrée aux pirates.

MNÉSIPHILOS. Une puissance sans justice ressemble elle-même à un pirate qui exige un reçu.

LA MARCHANDE. Je propose que les Athéniens choisissent ce qu’ils préfèrent rapporter de l’étranger : des marchandises ou des ennemis.

LE FONCTIONNAIRE. Votre question met en danger les finances publiques.

LA MARCHANDE. Voilà un signe certain qu’elle est utile.

PARABASE — L’ÉLOGE DES VOYAGES

LE CHŒUR. Citoyens, vous aimez le poisson, le vin, la laine, le parfum et toutes les merveilles qui franchissent les mers. Apprenez aussi à connaître les peuples qui les produisent. La mer donne la richesse, mais elle nous expose les uns aux autres ; elle ne prouve pas que celui qui possède les navires possède les hommes.

LE CORYPHÉE. On peut aimer les campagnes sans haïr les ports ; ce sont les campagnes pillées et les ports fermés qui font le malheur de la cité.

EXODOS — LES AMPHORES SANS ÉPÉES

LE FONCTIONNAIRE. Le Conseil réclame encore de l’argent pour armer les navires.

NAUKRATÈS. Nous embarquerons d’abord du blé et de l’huile.

MNÉSIPHILOS. Je planterai de nouvelles vignes si l’on me garantit que les récoltes ne seront pas brûlées.

LA MARCHANDE. Alors chargeons aussi des figues ; la paix mérite un dessert.

LE CHŒUR. Que les cargaisons soient plus lourdes que les rancunes, et que les hommes rentrent au port chargés de biens plutôt que d’esclaves !


XVIII. LES NUÉES, PREMIÈRE VERSION — Νεφέλαι πρῶται (423 av. J.-C.)

DOSSIER CRITIQUE — La première version fut jouée en 423 av. J.-C. et ne remporta pas le concours. Le texte connu des Nuées est une révision inachevée ; ses différences avec la représentation première ne sont pas intégralement identifiables. Cette pièce est une variation imaginative sur les personnages et le conflit du texte conservé, pas une prétendue version retrouvée.

PERSONNAGES (création moderne) — Strepsiade ; Phidippide ; Socrate de comédie ; le Raisonnement juste ; le Raisonnement injuste ; le chœur des Nuées.

PROLOGUE — L’OREILLER ET LA DETTE

STREPSIADE. Ô nuit, pourquoi dureras-tu moins longtemps que mes échéances ? Mon fils dort dans le parfum de ses chevaux ; mes créanciers dorment dans mon cerveau.

PHIDIPPIDE. Mes chevaux ont besoin d’avoine.

STREPSIADE. Moi d’un jugement qui me dispense de les nourrir.

PHIDIPPIDE. Le cheval gagne une course parce qu’il court.

STREPSIADE. Et le créancier gagne un procès parce qu’il parle.

PHIDIPPIDE. Alors apprends à parler.

STREPSIADE. C’est précisément ce qui m’effraie : je vais devoir apprendre pour rester ignorant de mes dettes.

PARODOS — LES NUAGES DESCENDENT

LE CHŒUR DES NUÉES. Nous changeons de forme selon celui qui nous regarde. Pour le soldat nous sommes des bataillons, pour le poète des déesses, pour le commerçant une menace de pluie. Pour l’imbécile nous sommes des preuves de tout ce qu’il croit déjà.

SOCRATE. Regarde en haut, Strepsiade !

STREPSIADE. Je regarderais volontiers, si mes pieds ne cherchaient pas où tombe ma bourse.

AGÔN — DEUX MANIÈRES D’AVOIR RAISON

LE RAISONNEMENT JUSTE. Un fils doit écouter son père, et un débiteur doit rendre ce qu’il doit.

LE RAISONNEMENT INJUSTE. Une règle qu’on ne peut discuter est-elle juste ?

LE RAISONNEMENT JUSTE. On peut la discuter sans nier chaque obligation.

LE RAISONNEMENT INJUSTE. Pourquoi mon père me demanderait-il une obéissance qu’il n’a jamais eue pour le sien ?

STREPSIADE. Voilà qui m’intéresse moins : je voulais simplement éviter de payer.

SOCRATE. Tu veux le résultat de l’étude sans l’effort de penser.

STREPSIADE. Comme tout bon citoyen : je préfère qu’un autre produise la pensée et que j’en reçoive le bénéfice.

LE CHŒUR DES NUÉES. Celui qui apprend à détourner les mots peut finir par tourner l’argument contre sa propre maison.

PARABASE — LE PUBLIC JUGE

LE CHŒUR. Athènes, tu réclames que la comédie t’amuse. Mais lorsque le poète montre une cité au miroir, tu lui demandes de changer de visage. La pensée ne doit pas être condamnée pour les ruses des sots, ni les usages anciens absous de leurs injustices.

LE CORYPHÉE. Le rire est un juge peu fiable, mais excellent pour faire sortir les juges de leur sommeil.

EXODOS — LE MAÎTRE DÉSARMÉ

PHIDIPPIDE. Père, tu voulais que je sache transformer ta faute en bon droit. J’en sais assez pour faire la même chose avec tes ordres.

STREPSIADE. Les leçons m’ont donc coûté plus cher que les chevaux.

SOCRATE. Tu m’as demandé une arme et non une éducation.

LE CHŒUR DES NUÉES. Celui qui veut apprendre à triompher de tous ne sera pas surpris lorsqu’un autre triomphera de lui. Que la cité distingue la recherche de vérité du commerce des excuses !


XIX. LE PROAGÔN — Προάγων (422 av. J.-C.)

DOSSIER CRITIQUE — La pièce est généralement datée de 422 av. J.-C. Le proagôn était une présentation publique préalable aux Dionysies ; des sources indiquent qu’Euripide y était tourné en dérision. Les coulisses et la satire de l’organisateur sont inventées.

PERSONNAGES (création moderne) — Un Héraut ; Euripide de comédie ; un Costumier ; un Poète débutant ; un Choreute ; le chœur des Comédiens sans masques.

PROLOGUE — AVANT LE THÉÂTRE

LE HÉRAUT. Demain, les poètes présenteront leurs œuvres. Aujourd’hui ils doivent présenter leur modestie.

LE COSTUMIER. Nous n’en avons pas en réserve.

EURIPIDE. Je veux une entrée que l’on retiendra.

LE HÉRAUT. Mais il n’y a pas encore de spectacle.

EURIPIDE. C’est pourquoi il faut déjà faire parler de moi.

LE POÈTE DÉBUTANT. Puis-je annoncer mon sujet ?

LE HÉRAUT. Dans trois vers.

LE POÈTE DÉBUTANT. Il me faudrait d’abord exposer la généalogie des dieux.

LE HÉRAUT. Voilà qui remplira toute la journée.

PARODOS — LES CHŒURS DÉMASQUÉS

LE CHŒUR. Aujourd’hui point de masques ni de cothurnes ; les poètes apparaissent comme ils sont, sans leurs rois et sans leurs héroïnes. Nous les reconnaissons : le plus fier d’entre eux est aussi celui qui perd le plus souvent ses sandales.

LE CORYPHÉE. Quand le théâtre se déshabille, les prétentions des auteurs restent les dernières à tomber.

AGÔN — FAUT-IL ANNONCER LA VÉRITÉ DE LA PIÈCE ?

LE HÉRAUT. La cité a le droit de savoir ce qu’on va lui montrer.

EURIPIDE. Le public veut être surpris. Je lui annoncerai une princesse abandonnée, mais j’en montrerai deux.

LE POÈTE DÉBUTANT. J’annoncerai une tragédie sur la vertu.

LE COSTUMIER. Tous les personnages seront-ils vertueux ?

LE POÈTE DÉBUTANT. Non, sinon je n’aurais pas d’intrigue.

LE HÉRAUT. Pourquoi les poètes promettent-ils toujours de rendre la cité meilleure ?

EURIPIDE. Parce qu’ils espèrent d’abord que la cité leur donnera le premier prix.

LE CHŒUR. Si les juges pouvaient voir les pièces avant qu’elles fussent écrites, les auteurs promettraient déjà de les corriger après la victoire.

PARABASE — LA BATAILLE DE L’ANNONCE

LE CHŒUR. Spectateurs, un poète peut posséder un grand sujet et écrire une petite œuvre, ou partir d’un pauvre objet et faire paraître toute la cité. Ne confondez ni le programme et la représentation, ni la réputation et l’invention.

LE CORYPHÉE. À quoi bon des couronnes pour des pièces que personne n’a encore entendues ?

EXODOS — LE PREMIER PRIX DE LA PROMESSE

LE HÉRAUT. Après examen, le Conseil décerne un prix au meilleur discours annonçant une grande pièce.

LE COSTUMIER. C’est donc moi qui gagne : j’ai promis les plus beaux costumes.

EURIPIDE. Je proteste ! Je possède les plus belles souffrances.

LE POÈTE DÉBUTANT. Et moi, la plus longue généalogie.

LE CHŒUR. Allons au théâtre demain : nous y découvrirons si les œuvres méritent seulement le prix de leurs promesses !


XX. PLOUTOS, PREMIÈRE VERSION — Πλοῦτος αʹ (408 av. J.-C.)

DOSSIER CRITIQUE — Une première pièce intitulée Ploutos est attestée en 408, avant la version conservée de 388. Des travaux récents discutent l’ampleur de leur parenté textuelle ; cette version est une création nouvelle, et aucun détail ne doit être lu comme une reconstruction du scénario de 408.

PERSONNAGES (création moderne) — Chrémylos ; Ploutos, dieu de la richesse ; Pénia, la Pauvreté ; un Magistrat ; un Tisserand ; le chœur des Artisans.

PROLOGUE — LE DIEU AUX YEUX FERMÉS

CHRÉMYLOS. Pourquoi les méchants deviennent-ils riches et les honnêtes hommes pauvres ?

PLOUTOS. Parce que je ne vois plus à qui je vais.

CHRÉMYLOS. Qui t’a aveuglé ?

PLOUTOS. Je préfère ne pas nommer Zeus. Une fois qu’il entend une plainte, il la transforme en impôt.

LE TISSERAND. Je travaille dix heures pour une tunique que je ne peux pas m’offrir.

PLOUTOS. On m’accuse sans cesse de tout ; personne ne me demande ce qu’il fait de moi.

CHRÉMYLOS. Nous allons apprendre au dieu à compter ses bénéficiaires.

PARODOS — LES MAINS VIDES

LE CHŒUR. Nous tissons les tissus, façonnons les coupes, construisons les bateaux et les maisons. Nos bras connaissent la valeur des choses, mais le marché préfère ceux qui possèdent les clés des entrepôts.

LE CORYPHÉE. L’homme qui n’a jamais touché un outil donnera bientôt une leçon de travail aux artisans.

AGÔN — LA RICHESSE ET LE TRAVAIL

PÉNIA. Si tous deviennent riches, qui voudra travailler ?

LE TISSERAND. Je travaillerai pour produire de belles choses, mais j’aimerais manger pendant que je tisse.

CHRÉMYLOS. Je ne veux pas abolir le travail : je veux que sa récompense cesse d’être un caprice.

PLOUTOS. Vous me demandez d’être juste, alors que vous ne vous accordez pas sur ce qu’est la justice.

PÉNIA. L’abondance peut engendrer l’arrogance.

LE TISSERAND. Et la misère ne rend pas automatiquement vertueux.

LE MAGISTRAT. Le Conseil doit assurer une répartition.

CHRÉMYLOS. Vous allez donc prendre en charge la distribution ?

LE MAGISTRAT. Bien sûr. Mais il faudra d’abord payer l’administration.

PLOUTOS. Me voilà presque redevenu aveugle.

PARABASE — LE PRIX DU MÉRITE

LE CHŒUR. Chacun prétend mériter davantage. Le puissant mérite parce qu’il commande, le riche parce qu’il possède, le savant parce qu’il parle. Mais le pain ne sort pas du grenier grâce aux discours qui expliquent sa valeur.

LE CORYPHÉE. La richesse est un moyen ; le malheur commence lorsqu’elle devient le juge unique des hommes.

EXODOS — LA NOUVELLE BALANCE

PLOUTOS. Je ne peux rendre chaque homme bon en lui donnant de l’or.

CHRÉMYLOS. Alors donne aux hommes la possibilité de vivre de leur travail sans être humiliés.

PÉNIA. Et qu’ils n’oublient pas les limites de l’abondance.

LE TISSERAND. J’offre au dieu un manteau. Il devra cependant le payer.

PLOUTOS. Pour une fois, j’ai trouvé quelqu’un qui veut me voir sans vouloir me voler.

LE CHŒUR. Que la cité cesse d’appeler vertu la fortune et honte la pauvreté ; qu’on mesure la richesse à ce qu’elle permet de vivre !


XXI. LES HOMMES À LA POÊLE — Ταγηνισταί

DOSSIER CRITIQUE — Les fragments, notamment ceux transmis par la Souda et par Athénée, comportent de nombreuses références au manger, au banquet, aux sardines, au vin et aux coutumes alimentaires. L’importance exacte d’une utopie de l’abondance dans l’intrigue reste discutée. Toute la distribution dramatique qui suit est imaginée.

PERSONNAGES (création moderne) — Téganos, président du banquet ; un Pêcheur ; un Sophiste ; une Marchande de sardines ; un Serviteur ; le chœur des Rôtisseurs.

PROLOGUE — UN PLAT POUR GOUVERNER

TÉGANOS. J’ai découvert la constitution idéale : tous les citoyens se réuniront autour d’une poêle.

LE PÊCHEUR. Et ceux qui n’ont pas de poisson ?

TÉGANOS. Ils auront le droit d’en discuter.

LA MARCHANDE. Ils le font déjà à l’Assemblée.

TÉGANOS. Mais ici, la parole sera interrompue par l’odeur des sardines.

LE SOPHISTE. Il faut définir le partage.

LE PÊCHEUR. Voilà le premier qui réclame une part sans avoir pêché.

PARODOS — LES POÊLES CHANTENT

LE CHŒUR. Nous chantons le poisson qui grésille, la pâte dorée et les coupes remplies ! Certains poètes promettent des îles heureuses ; nous demandons seulement une taverne où la soupe soit chaude, le vin sans eau et le voisin capable de régler l’addition.

AGÔN — QUI PAIE LE BANQUET ?

LE SOPHISTE. Les biens communs doivent appartenir à tous.

LA MARCHANDE. Et qui achète les sardines ?

LE SOPHISTE. Le peuple.

LE PÊCHEUR. Le peuple est un nom superbe, mais il n’a jamais tiré mon filet.

TÉGANOS. Chacun apportera quelque chose.

LE SOPHISTE. J’apporterai mes idées.

LA MARCHANDE. Alors il nous faudra un grand panier pour les arêtes.

LE PÊCHEUR. Et celui qui ne peut rien apporter ?

TÉGANOS. Il recevra tout de même sa place : autrement notre banquet ne serait qu’un marché bien habillé.

LE CHŒUR. Excellente règle. Mais établissons des sanctions pour celui qui mange la part de son voisin tout en prononçant un discours sur la justice.

FRAGMENT ANTIQUE ATTESTÉ — EXEMPLE

LE CORYPHÉE. Dans les fragments conservés par la Souda, un personnage se plaint d’avoir trop mangé d’anchois ; ce motif alimentaire est véritablement attesté, mais le dialogue de ce volume ne provient d’aucune scène antique connue.

EXODOS — L’UTOPIE À FEU DOUX

LE SERVITEUR. Le banquet est prêt. Il manque seulement le président.

TÉGANOS. Où est-il ?

LE SERVITEUR. Il est parti négocier la meilleure place.

LA MARCHANDE. Voilà pourquoi les constitutions périssent avant le dîner.

LE SOPHISTE. Je renonce à parler et j’apporte du pain.

LE PÊCHEUR. Par Héraclès, c’est la première preuve que la philosophie peut nourrir les hommes !

LE CHŒUR. Que la poêle soit chaude pour les riches comme pour les pauvres ; et que nul n’oublie le cuisinier au moment du partage !


APPAREIL PHILOLOGIQUE ET SOURCES

Fragment des Tagenistai transmis par la Souda, s.v. Ἅλις (α 1244), grec : ἅλις ἀφύης μοι· παρατέταμαι γὰρ ἐσθίων. Traduction de travail : « Assez d’anchois pour moi ; je suis tout étendu à force d’en manger. » Cet extrait est authentiquement transmis comme fragment d’Aristophane ; il ne doit pas être confondu avec les dialogues de création ci-dessus.

Bibliographie : Kassel–Austin, Poetae Comici Graeci III.2 ; J.-C. Carrière (2000), L’Aristophane perdu, https://www.persee.fr/doc/keryl_1275-6229_2000_act_10_1_1023 ; C. Orth (2024), Aristophanes’ Lost Plays, https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/9781119622963.ch18 ; C. Orth, Proagon (OCD), https://academic.oup.com/edited-volume/61673/chapter-abstract/550492823 ; commentaire de la tradition de Ploutos, https://www.cambridge.org/core/journals/journal-of-hellenic-studies/article/didymus-chalcenterus-and-aristophanes-two-plutus-plays/316B166C27C53F57747E7989FF34BAA1 ; Souda, https://www.lagl.org/tools/suda/works_catalog.php?what=urn%3Acts%3AgreekLit%3Atlg0019.suda021 .