MYTHOS | Registre philologique du théâtre grec, version du 30 octobre 2026. Ce registre réunit cinq dossiers pour lesquels des sections de contrôle textuel ont été publiées dans les analyses existantes. Il ne certifie pas encore les 51 études de théâtre conservé ni les adaptations des œuvres perdues.
I. Cinq œuvres : vers, sources et difficultés
| Œuvre et étude | Vers contrôlés | Problème | Statut |
|---|---|---|---|
| Eschyle — Les Perses | 249–255 ; 266–278 ; 353–432 | Témoin fictif du désastre de Salamine : discours et voix de l’ennemi | Texte transmis ; interprétation dramaturgique à distinguer de l’histoire |
| Eschyle — Les Euménides | 681–710 ; 734–753 | Fondation mythique de l’Aréopage, vote d’Athéna et acquittement | Texte transmis ; lecture juridique et politique discutée |
| Sophocle — Antigone | 450–460 ; 523 ; 904–920 | Normes non écrites, sens des composés en syn-, et authenticité du plaidoyer | Texte transmis ; les vers 904–920 font l’objet d’un débat d’interpolation |
| Euripide — Médée | 1042–1080 ; 1078–1080 | Délibération, thumos et variantes éditoriales sur la fin du monologue | Texte transmis mais vers contestés dans certaines éditions |
| Euripide — Les Bacchantes | 912–923 ; lacunes après 1300 et 1329 | Vision dédoublée de Penthée, puis état incomplet du dénouement | Texte transmis lacunaire ; toute restauration des vers perdus reste conjecturale |
II. Corpus source : texte ancien, témoignage et commentaire
Les liens des cinq œuvres conduisent aux éditions grecques et traductions numérotées consultées pour établir les passages. Pour une citation universitaire, il faut nommer l’édition précise du grec et, séparément, la traduction citée. Une traduction anglaise ou française ne constitue pas à elle seule la preuve du sens lexical d’un terme grec contesté.
Les cinq analyses distinguent quatre régimes de preuve : (1) vers transmis dans une tradition manuscrite ; (2) conjecture ou correction critique ; (3) passage absent, résumé ou allusion indirecte ; (4) interprétation philosophique moderne. Une scène imaginée à partir de fragments est une adaptation créative, même lorsqu’elle respecte fidèlement l’intrigue traditionnelle.
III. Bibliographie critique identifiée
- G. R. Stanton, « The End of Medea’s Monologue: Euripides, Medea 1078–1080 », Rheinisches Museum für Philologie, 130 (1987) — Étude philologique des v. 1078–1080 ; maintient contre d’autres propositions l’importance des vers transmis. L’analyse distingue la pensée de Médée d’un aphorisme sur « passion » et « raison ».
- Charles Segal, « Euripides’ Medea: Vengeance, Reversal and Closure », Pallas, 45 (1996), p. 15–44 — Analyse dramatique de la vengeance et du dénouement, complémentaire de l’enquête de critique textuelle.
- Stephanie West, « Sophocles’ Antigone and Herodotus Book Three », dans Sophocles Revisited (1999), p. 109–136 — Étudie le débat sur Antigone 904–920 et la proximité avec Hérodote III, 119. Ne constitue pas une décision unanime sur l’authenticité.
- Ivana Petrović, « Die Bedeutung des Verses 523 in der Antigone des Sophokles », Acta Antiqua, 41 (2001), p. 359–362 — Propose une lecture alternative du préverbe syn- au v. 523, illustrant la portée interprétative d’un détail lexical.
- Edith Hall, « Peaceful Conflict Resolution and its Discontents in Aeschylus’s Eumenides » — Lecture des tensions politiques et institutionnelles de la clôture de l’Orestie.
- Bryn Mawr Classical Review, compte rendu de Bacchae (2001) — Discute les difficultés de transmission, les passages suspects et les lacunes après 1300 et 1329.
IV. Cinq erreurs qu’une édition universitaire doit prévenir
- Ne pas appeler « témoignage perse » une narration mise en scène par Eschyle pour un public athénien.
- Ne pas présenter le vote d’Athéna dans les Euménides comme la traduction pure et simple du droit contemporain.
- Ne pas ramener les vers 523 et 904–920 d’Antigone à une doctrine unique dont l’authenticité ne ferait pas débat.
- Ne pas traduire thumos et bouleumata dans Médée par « passion » et « raison » comme s’il n’existait qu’une solution lexicale.
- Ne jamais reproduire une scène de fin des Bacchantes reconstituée comme si Euripide en avait laissé tous les vers.
V. Parcours de lecture
Bibliothèque des tragédies · Études des pièces conservées · Comédie grecque et Aristophane · Charte scientifique générale.
VI. Portée exacte du contrôle
Les numéros de vers et les principales controverses des cinq œuvres ont été confrontés à des textes et publications identifiables. L’édition intégrale de tous les fragments, l’examen des variantes manuscrites vers par vers, les bibliographies exhaustives, les droits de reproduction des images et l’étude de toutes les tragédies perdues restent des travaux distincts. Ce registre doit refléter leur avancement effectif, non anticipé.
